Fenêtre ouverte, frissons dans le dos, Chris Garneau en fond sonore, j'allume ma dernière cigarette, la tête ailleurs. Il commence à faire nuit, les derniers rayons de soleil disparaissent, j'ai froid, je tremble, mes ongles bleuissent, et mes dents grincent. Tous les souvenirs, bons comme mauvais, refont surface; ma vie est étalée devant moi, comme si je vivais mes dernières minutes. Les images défilent, mon coeur se contracte à chacune d'entre elles, les sentiments se mélangent, et je dois tous les affronter. Je me revois, déambulant à travers la foule pour rejoindre ses beaux yeux bleus, l'allure effrayée, le coeur noué, s'apprêtant à être déchiré aussi violemment que le vent souffle. Je revois la neige tomber, je me vois sourire, l'air béat, attendant impatiemment la gaufre que ma mère avait promis de m'offrir. Je revis les insultes d'antan quant à ma corpulence, je revis ma lutte acharnée pour perdre ces kilos qui dérangeaient tant, le dégoût me revient en bouche, son goût est similaire à celui de mon premier gâteau : infecte. Je me souviens de tout, même de ce que je croyais avoir enterré. Le temps s'écoule, les années passent, mais chaque épisode reste gravé dans ma mémoire, pourtant défaillante. J'ai froid. J'en ai oublié de fumer ma cigarette. J'essuie ma seule larme : celle de ma vie.

# Posté le vendredi 07 décembre 2007 12:59

Modifié le mardi 18 novembre 2008 14:25

They didn't love you like I love you.

They didn't love you like I love you.
Cache-toi, horrible chose.

Le beau m'a eu, je m'incline devant sa mise en scène et le soupçon d'innocence qu'il réussit à faire planer, malgré son immense culpabilité. Il doit être satisfait, autant que je l'ai été en lui disant adieu. Il a le don de plaire, comme j'ai le don de me planter. C'est un véritable monument, il attire du Monde, certains reviennent à la charge, aveuglés par son assurance et sa splendeur. Il a réussi à la fois à me faire sourire et pleurer comme jamais personne n'y était parvenu, à me faire renaître puis à me donner la Mort. Il est fort, il ira loin, il a trop d'intelligence pour pouvoir faire un faux pas. Il continuera à attirer du Monde, et certains de ses anciens ne seront même plus là pour voir ça.

Je jeûne durant vingt-quatre heures, avant de m'empiffrer pendant quarante-huit heures, parfois jusqu'à l'étouffement, mais toujours jusqu'à l'épuisement. Je pleure au réveil, au coucher, et parfois même dans la journée, dans des lieux publics; je m'efforce de faire bonne figure, mais je n'ai plus la force, alors je mange... non, ce n'est pas mon jour aujourd'hui. Je ne fais que fumer, je tente de me réchauffer autour d'une tisane, mais mon coeur reste congelé.

Me lever, traverser les routes, les frontières, les pays, avancer sans me retourner, et dans un seul but : celui d'oublier. Apprendre à remarcher sans trébucher, me reconstruire, éviter les obstacles, continuer à cheminer, à fuir mes démons; continuer à courir, jusqu'à en perdre haleine. Echapper à la réalité qui m'a tant fait souffrir, pour rejoindre un autre Monde, celui où la couleur noire n'existe pas, et où son visage ne me hantera plus. Être sur une île déserte, allongé sur le sable blanc, à admirer mon Amour s'échouer sur la rive d'en face, hurler ma douleur et pleurer sans retenue; périr au soleil, à défaut de crever dans ses bras. Crever d'un Amour démesuré, loin de tout, loin de l'abjecte réalité pour laquelle j'ai accepté de m'éteindre.

Je dois faire un choix : écouter mon coeur, ou écouter ma tête. Malgré les vérités étalées devant moi, le doute persiste, je tente de revenir à la raison, mais mon Amour m'y empêche. Et si toutes ces révélations étaient en rupture avec la réalité, à cette heure précise ? Je serais un bel idiot; mais dans les deux cas, je suis sacrément con. Dois-je donc me rattacher enfin à cette vérité, m'appuyer sur elle pour tourner la page; et donc écouter ma tête ? A ce jour, je n'ai fait qu'écouter mon coeur, et laisser parler mes sentiments. Si je ne l'avais pas fait, je serais déjà mort. Mon coeur me dit d'attendre; attendre la Mort. Et ma tête, quant à elle, est un peu plus radicale : elle veut me la donner.

Je ne dois plus attendre, plus espérer non plus. Je dois bouger, avancer, sortir, m'accorder une nouvelle renaissance; sans jamais regarder derrière. Je dois l'enterrer, réussir à rire lorsque son prénom est prononcé, retrouver le sommeil, arrêter de pleurer pour lui; je dois reprendre ma vie en main, repartir de là où tout a dérapé. Je dois. Mais je n'ai plus la force, ni l'envie. J'écoute le temps qui s'écoule, au même rythme que mon coeur qui s'éteint.

# Posté le mercredi 02 janvier 2008 09:13

Modifié le mardi 11 novembre 2008 04:13

Samedi 23 Août 2008. 17h40. St-Lazare. Début de la tromperie.

Samedi 23 Août 2008. 17h40. St-Lazare. Début de la tromperie.
Je suis arrivé, les genoux tremblants, clope à la main, tentant de calmer la crise d'angoisse dont j'étais victime depuis quelques minutes. Mes pas étaient hésitants, j'étais effrayé; et puis, à travers la foule, j'ai aperçu des beaux yeux bleus qui m'observaient. Un sourire, un pas en avant, une bise, un bonjour, j'ai éteint ma cigarette, et l'ai suivi. Moins de trente minutes plus tard, les mensonges ont commencé, et je n'ai rien vu venir. J'ai senti le danger rôder, mais je l'ai chassé, aussi vite que je tentais d'échapper à chacun de ses regards percutants. J'étais chez lui, enfin. J'étais dans un petit appartement de dix mètres carrés sans toilettes, mais qu'importe, j'étais avec lui. Quartier de l'Etoile. J'avais des étoiles plein les yeux, j'avais l'impression de vivre un véritable rêve, tout en étant éveillé. Quelques discussions, des regards, beaucoup de sourires, de belles paroles... et j'étais dans son lit cinq heures plus tard.
- Tu es sûr de vouloir le faire ? me chuchota-t-il.
- Oui, répondis-je, lui laissant à peine le temps de terminer sa question.
Avec ses tendres baisers et son coeur battant contre le mien, je me suis senti renaître. Dans ses bras, l'Amour est né. C'était un coup de foudre ? Je n'en sais rien, probablement; ce qui est sûr, c'est que c'était un véritable coup de folie.
Après une nuit passée ensemble dans un lit inconfortable d'une place, je me suis réveillé, fatigué par la nuit blanche que je venais de passer, nuit durant laquelle je n'avais fait que réfléchir quant à notre éventuel futur, et tenter de calmer la prolifération de questions insolentes. Il s'est réveillé à son tour, m'a demandé un baiser, avant que l'on ne fasse plus qu'un une nouvelle fois. Il était l'heure. Il m'a raccompagné jusqu'à la station de métro la plus proche, nous semblions tous les deux affreusement Ternes, et pourtant, intérieurement, je brillais. Il s'est avancé vers moi, a tourné la tête, a vu un jeune homme, s'est reculé, a bafouillé quelques mots, a attendu que le jeune homme passe, m'a embrassé, avant de me saluer de la main. Je souriais, j'étais heureux, je ne savais pas que c'était en réalité un adieu; et je me doutais encore moins d'avoir été victime d'un plan tant de fois répété.
Et puis, une fois rentré, les doutes se sont installés. Les discussions se sont diminuées voire effacées, j'avais peur, je commençais à comprendre. Enfin, la réalité a éclaté par l'intermédiaire d'un autre, puis de deux autres, puis de trois, quatre, cinq. Elle m'a explosé à la figure, j'en avais plein les yeux, impossible de l'essuyer; alors j'ai plongé, dans l'amertume et le dégoût.

Je suis vidé, déchiré. Quasi inexistant.

Abattu par une réalité trop flagrante, beaucoup trop pour que j'ai eu le temps de l'apercevoir.
Mais malgré tout, je continue à l'aimer. Seul, à distance, dans la plus grande des souffrances, pendant qu'il continue à en baiser d'autres, toujours à l'aide des mêmes mensonges; ceux que je n'ai pas réussi à fuir.

# Posté le mardi 18 décembre 2007 14:12

Modifié le vendredi 21 novembre 2008 15:53

J'étais capable de tout pour toi. Regarde, je m'arrête même de vivre.

J'étais juste un garçon de passage. Un de plus; rien de plus.
Et lorsque je parviens à trouver le sommeil, je rejoins ses bras, ceux qui ont accueilli tant d'autres personnes, et qui n'ont jamais livré aucune sincérité, aussi minime soit-elle. Aucune de ses paroles n'a été sincère, tout n'était que réflexion, imposture, et manipulation; j'ai bien du mal à cacher mon désarroi, et la souffrance de mon coeur aujourd'hui abattu. J'ai bien peur de ne jamais pouvoir oublier cet Amour démesuré auquel je dois continuer à faire face chaque jour, ainsi que cette grossière manipulation; qui était loin d'être inévitable, presque flagrante, mais que son charme et ses mots exquis ont réussi à dissimuler; suffisamment pour m'amener jusqu'à lui, le coeur grand ouvert, débordant d'Amour et de loyauté. J'ai peur pour la suite, peur du lendemain, et même de la seconde d'après. Je suis oppressé à l'idée de me noyer dans mes litres d'Amour et de connerie, et de n'avoir la force plus que pour me laisser couler. Je ne veux plus rien entendre, ni avoir à supporter toute chose susceptible de me nuire de nouveau. Je n'ai qu'une envie : rejoindre le silence le plus profond, le laisser m'exploser les tympans, et périr avec lui; toujours dans le plus grand des silences.

J'ai eu envie d'y croire, suite à la lecture de ses mots délicats. J'ai écouté mon coeur, et me suis élancé, pour la première fois de ma vie. L'imprudence m'a fait tombé, et mon propre Amour m'a fait mourir.

Une simple coïncidence, bien qu'elle soit fortement grossière, a suffit à me faire retomber. J'ai senti mon coeur lâcher prise, mon corps s'est vidé, et ma tête était prête à exploser sous la pression des maux encombrants. J'ai pleuré durant deux heures, deux heures durant lesquelles je n'ai fait que hurler mon Amour en étouffant le bruit des pleurs dans mon oreiller. La réalité est dure : je l'aime encore plus qu'avant.


J'aimerais pouvoir dire que tout cela est faux. Mais c'est bien la réalité.
La stupide réalité. La mienne.
J'étais capable de tout pour toi. Regarde, je m'arrête même de vivre.

# Posté le jeudi 03 janvier 2008 06:50

Modifié le mardi 04 novembre 2008 04:58

Réapprendre à vivre, et à supporter la douleur de l'erreur ancrée en moi. A quoi bon tenter d'oublier l'inoubliable ? Ses mots ne s'effaceront sans doute jamais, et le sentiment de trahison, quant à lui, ne se dissipera qu'avec le temps. Le temps, encore et toujours. Je dois apprendre à me reconstruire, revivre, accepter de souffrir de nouveau, puisque nul ne vit sans souffrance; apprendre à avancer, en faisant de mes faiblesses mes forces, en m'appuyant sur mes erreurs pour éviter les nouvelles impasses, et le retour à l'abjecte réalité : je suis un être principalement faible. Je ne prétends pas y parvenir, je réapprends tout juste à espérer. Espérer une suite meilleure, sans toute cette connerie dont je suis atteint; et sans plus jamais ouvrir mon coeur comme je l'ai fait. Aimer, c'est bien. Aimer comme je l'ai fait, c'est suicidaire. L'Amour m'a rendu aveugle, naïf, il m'a fait perdre la raison, avant de me faire perdre la tête et de me briser le coeur. J'ai tout donné, et j'ai tout perdu.

Réapprendre à vivre, et à supporter la douleur de l'erreur ancrée en moi. A quoi bon tenter d'oublier l'inoubliable ? Ses mots ne s'effaceront sans doute jamais, et le sentiment de trahison, quant à lui, ne se dissipera qu'avec le temps. Le temps, encore et toujours. Je dois apprendre à me reconstruire, revivre, accepter de souffrir de nouveau, puisque nul ne vit sans souffrance; apprendre à avancer, en faisant de mes faiblesses mes forces, en m'appuyant sur mes erreurs pour éviter les nouvelles impasses, et le retour à l'abjecte réalité : je suis un être principalement faible. Je ne prétends pas y parvenir, je réapprends tout juste à espérer. Espérer une suite meilleure, sans toute cette connerie dont je suis atteint; et sans plus jamais ouvrir mon coeur comme je l'ai fait. Aimer, c'est bien. Aimer comme je l'ai fait, c'est suicidaire. L'Amour m'a rendu aveugle, naïf, il m'a fait perdre la raison, avant de me faire perdre la tête et de me briser le coeur. J'ai tout donné, et j'ai tout perdu.
Et je continue à l'aimer. Et je continue à mourir.

Le dégoût et l'amertume sont à leur apogée, et je ne sais plus quoi faire pour les empêcher de me détruire. Je les laisse me pénétrer, je tente de me changer les idées, je souris, profite; puis je pleure. Je suis seul, seul dans ma connerie et dans ma naïveté, seul dans ma merde. Je perds mon envie d'avancer au même rythme que mon énergie. Je suis vidé, bête, inutile. Je ne sers plus à rien. Mon coeur saigne, et ma tête explose. Je ne sais plus que faire, et pourquoi continuer. Je ne désire plus qu'une chose : oublier.


Il ne se passe pas une minute sans que je pense à lui. J'en ai assez, assez de cet Amour qui déborde et qui n'aurait jamais du exister, assez de vivre avec cette manipulation et ces mensonges en tête, assez d'être pris pour un imbécile, mince, je me suis livré sans carapace, sans aucune protection, j'y ai risqué ma vie, et j'y ai perdu mon coeur.

J'aurais tellement aimé qu'il soit sincère, et ne pas être aussi naïf.
Si vous saviez comme j'ai mal.

# Posté le mardi 01 janvier 2008 18:59

Modifié le vendredi 24 octobre 2008 15:31

Mon trop grand excès de confiance m'a conduit à la défaillance.

Mon trop grand excès de confiance m'a conduit à la défaillance.
Je t'ai laissé m'approcher, comme tu l'avais souhaité.
Désormais, je péris de cet incroyable amour,
Que tu n'as su me donner en retour.
Regarde-moi, et ose me dire que mensonge de ma part il y a eu.
Jamais une aussi grande sincérité n'a été alléguée.
J'ai pour ma défense
Mes pleurs répétés, et mon innocence.
J'ai cru en toi, et en tes mots délicats.
Regarde où je suis tombé ! Tout droit dans tes bras;
Ce qui est pour moi le pire des endroits.
Je continuerai ma vie, le coeur affaibli
Par une trahison que nul ne peut guérir.
Même ta mort ne peut avancer la fin de ma douleur,
Seule la vérité, celle que tu t'es obstiné à cacher,
Parviendra à me faire cheminer.


Ton insolence aura triomphé sur mon humanité;
Je t'ai tout donné avec la plus grande des loyautés;
Quant à toi, tu n'as su que m'aliéner,
Et réduire mon être en fumée.
Je ne peux plus dormir, plus manger,
Sans penser à tout ce que j'ai octroyé avec naïveté.
Mais je ne peux t'effacer,
Suis-je donc voué à y rester ?


Tu quittes la France, et je reste dans ma souffrance.
Mais tu as raison, fuis donc tes trahisons !
Elles ont fait tombé plus d'une tête, et ont fait souffrir plus d'un coeur.
Ne t'étonnes pas de voir toute cette rancoeur !
Elle est à la hauteur de ton incroyable fureur.
Imperturbable tu as été,
Et imperturbable tu demeureras sans doute encore.
Mais je continue à espérer
Que tes remords provoquent un jour ta mort;
Et que mon coeur parvienne à t'enterrer,
Aussi facilement qu'il t'as adopté.

# Posté le lundi 31 décembre 2007 07:37

Modifié le jeudi 16 octobre 2008 15:44

Je me dégoûte.

Comment ai-je pu croire que l'on pouvait s'intéresser à moi, et m'aimer pour ce que je suis ?

Je peux affirmer être un idiot, mais je ne peux affirmer avoir des choses à me reprocher, bien que je le pense fortement. Peut-on se reprocher le fait d'avoir été naïf, aveuglé, sincère au plus haut point; de s'être simplement trompé ? La question est là. L'erreur est humaine, on ne cesse de nous le répéter. Mais jusqu'à quel point peut-on cautionner l'erreur ? Et n'est-ce pas trop évident de se dire que l'erreur est humaine, une fois l'erreur commise ? Dans quel but affirmons-nous cela ? Pour soulager notre conscience ? N'est-il pas du devoir de l'humain de reconnaître ses erreurs, de les accepter et de les assumer, sans se reposer sur des phrases ayant pour simple but de soulager notre propre personne ? Il faut assumer; même si certaines erreurs s'avèrent être difficilement supportables voire nuisibles. Apprendre à assumer, c'est apprendre à s'accepter.

Petite information complémentaire : tous les articles présents à partir de la deuxième page (tout ceux parlant de ma "relation" en tout cas) ne sont plus d'actualité, même s'ils sont effectivement récents.


J'avais raison, il* quitte la France. Chers Québécois, ouvrez vos c*ls !

# Posté le jeudi 10 avril 2008 16:23

Modifié le mercredi 15 octobre 2008 12:06

I just wanna smoke your last cigarette.

" La chose créée ne peut être égale à l'être créant : est-il possible que la montre soit l'horloger ? Eh bien, continuera-t-on, la nature n'est rien, c'est Dieu qui est tout. Autre bêtise ! Il y a nécessairement deux choses dans l'univers : l'agent créateur et l'individu créé. Or quel est cet agent créateur ? Voilà la seule difficulté qu'il faut résoudre; c'est la seule question à laquelle il faille répondre. "

La Philosophie dans le boudoir, Marquis de Sade.

# Posté le vendredi 07 décembre 2007 16:01

Modifié le lundi 13 octobre 2008 13:06

Ignoré par celui qu'il aimait, il décidait de mettre sa vie en suspend. Rongé par le dégoût, il la laissait ainsi. Impossible d'oublier, impossible d'avancer. Il lui fallait un exutoire, capable de lui assurer une survie mentale comme physique. Exutoire inefficace. Il ne lui restait plus qu'une seule chose à faire : tenter de s'oublier à son tour. Tête baissée, les larmes aux yeux, il était absorbé par l'Amour qui le détruisait. Tandis qu'il vivait sa vie, lui, renonçait à la sienne; de la plus sage des manières. Sans un mot, sans un bruit; à part le hurlement de son coeur abattu.

Ignoré par celui qu'il aimait, il décidait de mettre sa vie en suspend. Rongé par le dégoût, il la laissait ainsi. Impossible d'oublier, impossible d'avancer. Il lui fallait un exutoire, capable de lui assurer une survie mentale comme physique. Exutoire inefficace. Il ne lui restait plus qu'une seule chose à faire : tenter de s'oublier à son tour. Tête baissée, les larmes aux yeux, il était absorbé par l'Amour qui le détruisait. Tandis qu'il vivait sa vie, lui, renonçait à la sienne; de la plus sage des manières. Sans un mot, sans un bruit; à part le hurlement de son coeur abattu.
Ne me parlez pas d'amour, ce sentiment qui me déshumanise un peu plus chaque jour. Avec lui, je me meurs. Je m'y attache, sans raison, et même sans le vouloir. Je ne demande qu'à en être détaché, que ce coeur soit pris en main ou bien définitivement arraché; que la douleur meurt à son tour, aussi facilement que j'ai laissé l'amour me pénétrer. Mes sentiments me rongent, me détruisent, je les sens m'envahir tout entier dès le lever; et dès lors, je suis un être qui souffre. Ils s'installent, prennent aisément le contrôle de mon corps et de mon esprit, mon coeur agonise, et je dois continuer à faire semblant. Semblant d'avancer.

Apprendre à aimer, c'est accepter de mourir.

Quelle est cette haine tant de fois invoquée ?
Je dois l'avouer,
Son refus d'aimer m'a bien tourmenté.
J'ai trop longtemps espéré
Qu'un simple mot soit prononcé,
Et j'ai fini par chavirer.
Mais n'est-il pas temps d'oublier
Et de tenter de l'enterrer,
Lui et ses impostures trop souvent répétées ?
Il n'a jamais mérité cette grande sincérité.
Je ne voulais que la vérité,
Et je n'ai disposé que d'une incroyable oisiveté.


Rien ne pouvait être plus sincère que son Amour. Le coeur battant et les yeux fermés, il s'est élancé, sans se soucier d'une éventuelle trahison. Il a bousculé ses idées de la veille, les a renversées; et a ôté sa carapace aussi rapidement que ses vêtements. Il a succombé à ses yeux bleu azur et s'est retrouvé dans ses bras. Il le regardait, souriait béatement, les yeux remplis de bonheur et le coeur débordant d'amour. Il s'avouait heureux; enfin, il se sentait renaître.

Depuis, il s'avoue vaincu. Vaincu par une naïveté presque aussi grande que son Amour.

Lorsqu'il pleure, ses larmes sont pour lui. Lorsqu'il dort, ses rêves lui appartiennent. Il pense à lui, constamment. Le temps de la renaissance est véritablement aboli; à chaque pensée, il se sent mourir un peu plus.

# Posté le jeudi 18 septembre 2008 15:46

Modifié le dimanche 12 octobre 2008 08:55