A défaut d'avoir celui dont je rêve dans mes bras, j'ai les bouteilles de champagne à mes côtés. L'euphorie laisse place à l'amertume et à un profond dégoût.


Et maintenant ?

Oublier. Oublier. Oublier. Oublier. Oublier. Oublier. Oublier. Oublier. Oublier. Oublier. Oublier. Oublier. Oublier. Oublier. Oublier. Oublier. Oublier. Oublier. Oublier. Oublier. Oublier. Oublier. Oublier. Oublier. Oublier. Oublier. Renaître. Renaître. Renaître. Renaître. Renaître. Renaître. Renaître. Renaître. Renaître. Renaître. Renaître. Renaître. Renaître. Renaître. Renaître. Renaître. Renaître. Renaître. Renaître. Renaître. Renaître. Renaître. Renaître. Renaître. Renaître. Renaître. Renaître. Revivre. Revivre. Revivre. Revivre. Revivre. Revivre. Revivre. Revivre. Revivre. Revivre. Revivre. Revivre. Revivre. Revivre. Revivre. Revivre. Revivre. Revivre. Revivre. Revivre. Revivre. Revivre. Revivre. Revivre. Revivre. Revivre. Revivre. Revivre.

... et échouer, une fois de plus.

# Posté le vendredi 16 mai 2008 15:13

Modifié le jeudi 25 décembre 2008 08:25

"On est responsable de ces mots-là. Il ne faut pas se plaindre, après, de les avoir prononcés. On est responsable de ses mots. Il faut apprendre à être vigilant. C'est de ta bouche que sortent ces mots ennemis, ces mots qui te défigurent. Ne reproche rien aux mots. Ils sont là parce que tu les as laissés être là et, petit à petit, ils prennent toute ta place. Je vais te dire, ils prennent même ta place et parlent en ton nom..." (J'étais là, de Pancol)

"On est responsable de ces mots-là. Il ne faut pas se plaindre, après, de les avoir prononcés. On est responsable de ses mots. Il faut apprendre à être vigilant. C'est de ta bouche que sortent ces mots ennemis, ces mots qui te défigurent. Ne reproche rien aux mots. Ils sont là parce que tu les as laissés être là et, petit à petit, ils prennent toute ta place. Je vais te dire, ils prennent même ta place et parlent en ton nom..." (J'étais là, de Pancol)
Je ne suis pas une illusion. Je suis réel.
Je ne suis pas un être dénué de sentiments à qui l'on peut faire du mal. J'ai un coeur, je souffre.
Je ne suis pas un morceau de viande. Je suis un être humain.
Je ne suis pas un vulgaire jouet que l'on utilise pour combler un besoin exacerbé de sexe et pour satisfaire des attentes en totale contradiction avec les miennes. Moi, j'ai besoin d'Amour.

Je suis rêveur, naïf, idiot, c'est vrai, mais par pitié, ne vous servez pas de mes faiblesses pour briller.

# Posté le jeudi 24 avril 2008 15:54

Modifié le samedi 27 décembre 2008 14:52

Je me fractionne en un puzzle à pièces différentes, sans aucun lien entre elles.

Je me fractionne en un puzzle à pièces différentes, sans aucun lien entre elles.
Déballage de sentiments. Déballage d'idioties. Mon idiotie. Mon être.

Les heures qui passent me paraissent des siècles entiers. Des siècles d'inquiétude et d'auto-destruction. Arrêter d'y penser. Oublier. Croire. Non, ne rien croire du tout. Ne rien se dire. Ne rien attendre. Cesser de penser. Cesser d'exister. Impossible. Pourquoi ? Pauvre idiot, qui trouve le moyen de s'obscurcir la vue lorsque le ciel parait bleu. Dégoût. Mépris. Incompréhension. Envie de me gerber à la gueule, de me piétiner, sans jamais m'arrêter, de me regarder crever, de regarder crever l'être idiot et faible que je suis.


Les mêmes choses. La même crainte oppressante, qui pourrait bien devenir une réalité meurtrière.

Les mots qui voletaient au-dessus de ma tête semblaient sacrés, inabordables, envoyés par le séraphin le plus aimable qui soit. J'ai finalement réussi à les atteindre, à m'imprégner de leur douceur, et en eux, j'ai commencé à fonder un espoir. Mais aujourd'hui, ces mots ne sont plus ce qu'ils étaient, leur bienfait s'est envolé en même temps que l'angelot qui me les a envoyé, ils ne sont plus que des scalpels increvables qui m'ouvrent le cerveau pour y déposer des craintes innombrables. L'espoir s'est faufilé en moi, a construit son enclos et refuse de le quitter. Il le parsème de terreau sur lequel poussent chaque jour de nouvelles interrogations, de nouveaux sentiments, tous aussi destructeurs les uns que les autres.


Je m'écroule.


J'ai un esprit étranger, sombre et exalté, détruit par ma fragilité et par ma laborieuse recherche de l'Amour. Mon coeur est désuni, je suis tiraillé entre mes désirs et mes devoirs, je perds la raison, et toute mon énergie. Mon corps se fatigue, il est prêt à lâcher, je sais qu'il faut donner de toutes ses forces pour être vivant, sans jamais s'économiser; mais à quoi cela sert-il de continuer lorsque l'on ne se supporte plus, pire encore, lorsqu'on ne se reconnaît plus ? J'avais tort en affirmant que mon esprit était étranger. Mon esprit, mon coeur, mon corps, tout est étranger. Je suis un autre. Torturé entre l'envie de me relever et de me laisser couler.



Ce que je veux pour Noël ? Un mec sincère.
Je le veux, ce put*in de cadeau de Noël.

# Posté le samedi 19 avril 2008 13:22

Modifié le lundi 22 décembre 2008 07:45

Valentin J, petit être d'un mètre soixante-sept, plus attaché qu'attachant, plus instable qu'une chaise à laquelle on a enlevé trois pieds, grand rêveur, grand naïf, parfait idiot. Mais un idiot sincère, ayant pour simple envie de se laisser porter par l'Amour sans aucune crainte, aucun regret, à part celui d'être aussi exigeant et aussi compliqué. Aimer, être aimé, rien de plus, rien de moins.

Valentin J, petit être d'un mètre soixante-sept, plus attaché qu'attachant, plus instable qu'une chaise à laquelle on a enlevé trois pieds, grand rêveur, grand naïf, parfait idiot. Mais un idiot sincère, ayant pour simple envie de se laisser porter par l'Amour sans aucune crainte, aucun regret, à part celui d'être aussi exigeant et aussi compliqué. Aimer, être aimé, rien de plus, rien de moins.
Le doute. L'attente. Le plaisir. Puis... l'inquiétude.

Je monte mon chauffage encore une fois; il fait vingt-trois degrés, et mes dents trouvent le moyen de claquer. Je lance de la musique; ça y est, le film de ma vie, de toutes mes erreurs, tous mes échecs, des quelques déceptions engendrées par l'Amour défile. Je me sens faible, beaucoup trop, et c'est cette même faiblesse qui est à l'origine de mon instabilité, et de ma capacité à craindre tout ce que je vois ou ce que j'approche de trop près. Mes démons du passé continuent à me pourchasser, ils s'accrochent à moi, j'essaye de m'en libérer... en vain. Ils sont plus forts que moi. Ils reprennent toujours le dessus, et m'empêchent d'avancer. Ils me rongent, contribuent à ma mort. Je m'efforce, me tue même, à croire en ce qui n'existe pas ou en ce qui m'effraie, notamment en ce qui m'effraie le plus : l'Amour. J'aimerais être libre, offrir mon corps à n'importe qui sans risquer une nouvelle attache -autant dire une nouvelle embûche semée sur le chemin de mon coeur tourmenté-, j'aimerais arrêter de m'affoler, de m'enfuir, ou de me sentir mourir à chaque fois que je vois l'ombre d'un sentiment apparaître. J'aimerais réussir à vaincre ces démons, renaître, dans les bras d'une personne qui m'aura choisi dans la plus grande des sincérités, sans une quelconque arrière pensée, une personne franche, douce, entière, aimante et généreuse, une personne prête à supporter ma vulgaire instabilité que moi-même j'ai du mal à encadrer. Je ne veux plus avoir à affronter la réalité, l'abjecte réalité, je ne veux plus me faire avoir, je ne pourrais plus l'encaisser. Je veux avancer avec l'être aimé, suffoquer sous la chaleur du bonheur, même s'il est de courte durée, sans avoir à regretter d'avoir aimé.
Oui, je crois en l'impossible.



Renaître dans les bras de celui qui ne me fera rien regretter, même pas d'avoir laissé mon coeur s'exprimer.

# Posté le jeudi 01 mai 2008 12:18

Modifié le mardi 30 décembre 2008 08:14

J'ai eu 15/20 à mon Bac Blanc de Français. :)



En le voyant franchir la porte, ce matin à huit heures, j'ai compris qu'il n'était plus le même. Son visage était terne, encore plus que la veille, son regard paraissait vide, il ne souriait plus de la même façon, son air béat avait disparu, et ce depuis plusieurs jours. Je ne lui en ai touché aucun mot, je le connais suffisamment pour savoir que sa réaction aurait été tout sauf bénéfique pour notre relation qui ne tient déjà plus qu'à un fil. Il est fragile, à fleur de peau même, perturbé et perdu, il s'inquiète sans cesse de la seconde suivante; il en oublie de vivre, il se contente d'exister, exister à travers l'écriture. Il parle très peu, lorsqu'il le fait, c'est pour me dire qu'il m'aime, je ne vais pas m'en plaindre, mais je ne parviens pas à m'en satisfaire complètement. Je m'inquiète pour lui, son état de névrosé a tendance à reprendre le dessus en cette sombre saison qu'est l'hiver. De simples rafales de vent, aussi faibles soient elles, ou le simple bruit de la pluie embrassant la vitre réussissent à le dissuader de sortir, et à rester toute la journée chez lui, chez nous, à noircir du papier avec ses pensées perturbées, en même temps qu'il noircit ses poumons en fumant.
Hier au soir, j'étais absent. Je l'ai embrassé sur le crâne, en lui souhaitant une bonne nuit. Il dormait. Ou plutôt, il faisait mine de dormir. Il ne trouve jamais le sommeil, je l'entends se lever la nuit, et rejoindre le salon, dans ce qu'il croit être le plus prenant des silences; en réalité, je n'entends que lui. Il part écrire, et je sais qu'il a profité de mon absence d'hier pour passer la nuit à débattre avec lui-même, à tenter de calmer la prolifération de sentiments qu'il juge insolents, voire nuisibles. D'ailleurs, il a toujours considéré les sentiments comme une chose destructrice, menaçante; il avoue les mépriser, mais il avoue aussi qu'il se sentirait totalement perdu s'il en était dénué. En vue de sa pâleur de ce matin, et du "Moi aussi" qu'il m'a vaguement chuchoté lorsque je lui ai dit que je l'aimais, je ne résiste pas à l'envie d'ouvrir son journal intime. Je me rends directement à la page, aux pages, qu'il a rédigé hier soir, et je vous fait partager ses quelques mots.


Je déborde d'Amour pour lui, et j'en ai peur. Lorsque ses lèves effleurent les miennes, je me sens renaître et mourir à la fois, cette étrange sensation me coupe parfois la respiration, mais elle revient, à l'écoute de nos coeurs battant à l'unisson. J'ai peur, peur d'une nouvelle déception, d'un nouveau mensonge, peur d'un nouvel échec véhiculé par des sentiments trop intenses. Mais je ne peux les contrôler; dès le réveil, ils m'envahissent tout entier, je frémis, je l'aime, je me meurs. Jamais un sentiment ne m'a procuré que du plaisir, ou au contraire que du mal-être, les deux ont toujours été étroitement liés, et ont toujours eu le don de me détruire. L'Amour est le pire des sentiments que j'ai ressenti et vécu jusqu'à ce jour. Est-ce réellement positif de dépendre de quelqu'un, de dépendre de cette simple flamme qui nous anime, de vivre au dépend de ce simple sentiment qu'est l'Amour ? Je ne pense pas. On aime, souvent sans limite, sans compter, sans se soucier d'une éventuelle embûche qui pourrait être semée sur notre chemin, on est aveuglé, aveuglé par l'être aimé et par notre trop plein d'Amour; et lorsque la réalité nous rattrape, pire encore, lorsque la relation pour laquelle on a accepté de se livrer sans concession et dans la plus grande des sincérités touche à sa fin, on tombe, le coeur abattu, et l'esprit torturé. L'Amour nous rend naïfs, inconscients de l'abjecte réalité qui nous entoure, on a voulu rêver, on en a perdu la tête, avant de perdre notre coeur. J'ai toujours fait de mon cas une généralité, c'est sans doute un de mes plus grands défauts; peut-être que je tente de me persuader que je ne suis pas le seul à considérer l'Amour comme un tunnel infernal, je n'en sais rien.
Mon Amour pour lui est la seule chose pour laquelle j'accepte de me lever le matin, la seule chose pour laquelle je décide de ne pas me laisser ronger par ce mal-être indocile. Avec lui, il m'arrive de vivre, autrement, je ne fais qu'exister. Exister à travers mes lignes, ma réalité; je cours, d'une lettre à l'autre, tentant vainement de fuir la réalité, celle à laquelle aucun de nous ne peut échapper une fois le premier cri poussé, celle qui nous fait rire, pleurer, vibrer, et celle qui, parfois, nous dégoûte.
Cette intense introspection m'a achevé, je vais me coucher, surtout qu'il va bientôt rentrer. Je ne veux pas qu'il voit ces larmes, il n'a pas à les supporter, je ne veux pas qu'il voit cet Amour qui m'habite, qui déborde même, bien que malgré tout, au plus profond de mon être, je veux qu'il en ait conscience, qu'il ait conscience qu'il est mon pilier, ma colonne vertébrale; et que, sans lui, je m'écroule. Je ne sais pas comment je me lèverai demain matin, sans doute avec le plus grand des sourires, comme à mon habitude, avec la même instabilité et la même fatigue que la veille, avec le coeur battant à grands coups contre ma gorge à la vue de son visage parfait et à la divulgation de ses mots exquis. Avec un Amour toujours plus grand, toujours plus vrai, toujours plus meurtrier.

# Posté le vendredi 27 juin 2008 09:33

Modifié le dimanche 25 janvier 2009 12:46

Les gens me prennent pour un jouet. Ils* m'ont pris pour un jouet.

Les gens me prennent pour un jouet. Ils* m'ont pris pour un jouet.
Les gens usent de ma sincérité autant que de ma capacité à m'attacher rapidement. Ils m'émeuvent, par ce que je regarde le plus : les mots. Ils me connaissent, ils connaissent ma sensibilité, ils savent très bien qu'à la longue leurs mots me feront vibrer, rêver, espérer, croire de nouveau, et parfois même avancer, rien qu'un peu. Alors je me laisse faire, je laisse les mots doux me mettre dans tous mes états, je vibre, je rêve, je souris, j'espère, plus fort que jamais. Puis, la réalité explose. Je ne suis qu'un jouet, une machine à laquelle on soutire de belles paroles dans le simple but de réchauffer son coeur affaibli par un manque affectif passager, je fonctionne très bien, j'ai donné toutes mes plus belles paroles, les plus sincères de toutes, comme toujours. Maintenant, je peux arrêter de sourire. Arrêter d'espérer, de croire, arrêter tout court; et tenter de ne plus jamais livrer mes mots à quiconque, puisque c'est la chose la plus sincère que je détienne, la chose avec laquelle on me réduit en fumée.

Et une fois de plus, on joue avec moi.
La fois de trop.


Bien que j'ai toujours su que le jugement en général était une chose plutôt subjective, je lui ai toujours accordé une grande importance, surtout lorsqu'il est porté à mon égard par des gens qui m'entourent. De nature plutôt instable et influençable, j'ai souvent pris en compte les jugements d'autrui, même s'ils s'avéraient être en totale rupture avec ce que je pensais être. J'ai rarement cessé de me remettre en question jusqu'à ce jour, si je l'ai fait je ne m'en souviens pas; je me sculpte au gré des avis des autres, mais je n'ai jamais cherché à plaire pour autant, juste à ne jamais décevoir. Cette attitude est à l'origine de tous mes principaux échecs, qui sont quant à eux à l'origine de toutes mes souffrances.

Après une si longue introspection et des remises en question permanentes, je commence enfin à me découvrir. Je ne suis presque rien, tout au plus un être qui se contente d'exister et de créer sa propre réalité à travers l'écriture. C'est en écrivant que j'existe, et que parfois je réussis à échapper à la réalité, qui m'a toujours grandement effrayé, et qui a le don de m'affaiblir. Je suis naïf, parfois aveugle, conscient de ce qui m'entoure, mais plus une chose est flagrante, plus elle passe inaperçue à mes yeux. Et lorsque la réalité explose, je m'effondre. J'ai toujours pensé que toute réalité était abjecte, sinon, pourquoi nous bercerait-on d'illusions dès notre plus tendre enfance ? pour laisser planer la part de rêve ? Rien ne sert de rêver, le rêve véhicule l'espérance, et l'espérance engendre souvent l'échec. L'espoir fait vivre ? Je n'y ai jamais cru. Il nous permet juste d'exister, tout en ayant une confiance inébranlable en la réalisation d'un de nos souhaits, on avance, on vit sa vie, en continuant d'espérer, il se peut parfois que cela porte ses fruits; mais la plupart du temps, on s'éteint, avant même d'avoir vu notre souhait, quel qu'il soit, se réaliser; ou bien, la réalité nous rattrape, et l'espoir s'effondre.
Encore hier, une réalité m'a frappé : aux yeux d'une personne qui était loin d'être indifférente à mes yeux, qui était même le fruit de mon espoir, je n'étais qu'un jouet. Elle refuse de l'avouer, elle n'a pas besoin de le faire : ses actes parlent d'eux-même. Je ne suis pas mort me direz-vous; non, mais j'aurais préféré me passer de cette nouvelle embuche, et ne jamais espérer comme je l'ai fait. J'ai de nouveau perdu l'équilibre.

Parfois, je me demande si je suis autre chose que le résultat du jugement d'autrui. C'est aux autres que je dois certains de mes faux pas, ceux qui m'ont fait trébuché, qui m'ont construit ou au contraire affaibli. Et je m'interroge. Les gens ont-il une véritable influence sur nous ? ne sont-ils pas de manière générale, même indirectement, responsables de ce que nous sommes ? ne vivons-nous pas au dépend de l'autre, au dépend du jugement de chacun ?

Qui sommes-nous ?

# Posté le vendredi 09 mai 2008 11:58

Modifié le dimanche 14 décembre 2008 08:26

L'angoisse était à son apogée, j'ai avancé, le coeur prêt à lâcher. Je me suis allongé, ai tourné la tête, tout en croisant les doigts de ma main droite. J'ai fermé les yeux, le temps d'une minute, minute qui m'a paru interminable. Les trois derniers mois de ma vie ont défilé, mon coeur s'est accéléré; la minute s'est écoulée, j'ai ouvert les yeux, mécaniquement, avant de regarder ce qu'on venait de me prélever. Trois tubes aux bouchons jaunes, dans lesquels baignait mon sang, ma connerie, ma vie; mais surtout la réponse.

# Posté le dimanche 22 juin 2008 11:02

Modifié le lundi 24 novembre 2008 12:10

Faire bonne figure, comme toujours.

Faire bonne figure, comme toujours.
Être à table, durant des heures, de longues heures, manger, avaler tout ce que l'on nous donne sans jamais rien dire, sans même penser aux calories ingurgitées, sous peine de devoir encaisser des réflexions insolentes. Manger, sourire, accepter que l'on nous resserve, manger, sourire, écouter les problèmes de famille, ceux que l'on aurait aimé ne jamais connaître, ne jamais entendre. On étouffe, ils parlent, on doit les écouter, continuer à sourire et à manger. Faire la bise, être poli, tenter de faire croire que l'on s'intéresse à ce qu'ils racontent, ou plutôt ce qu'ils rabâchent, alors que ce n'est pas le cas. Faire bonne figure, il arrive que l'on bouillonne, mais on "va bien", très bien même, puisque l'on se doit d'aller bien. Les cours ? Pas de problème, tout roule; nos notes sont catastrophiques, mais à quoi bon les ennuyer avec ça et risquer de passer pour des idiots, des idiots qui devront s'expliquer sur le pourquoi du comment avant de supporter une nouvelle fois des réflexions insolentes ?
Puis, vient le moment de l'apéritif. Et tout de suite, on semble plus intéressé. On se fiche toujours autant de ce dont ils parlent, on ne quitte pas la bouteille de champagne des yeux, on enchaîne les coupes, en toute discrétion, l'euphorie que nous offre l'alcool nous permet de rire aux blagues idiotes qu'a sorti un des membres de notre famille. On continue à boire, toujours dans la plus grande des discrétions, on les observe, on pense, et on se dit : "Putain, qu'est-ce que je fous là ?".

# Posté le samedi 07 juin 2008 05:26

Modifié le lundi 24 novembre 2008 12:25

Jamais je n'aurais cru être aussi affaibli par un simple faux pas, que beaucoup d'autres ont commis avant moi. Je ne me savais pas aussi sensible, aussi naïf, aussi faible. J'aimerais retourner trois mois en arrière, annuler cette rencontre, retrouver mon innocence et mon soupçon de dignité aujourd'hui envolés, j'aimerais revivre, reprendre ma vie là où elle s'est violemment arrêtée. Et mon corps, et mon coeur, sont rongés par le dégoût. Mon sang est abreuvé de honte, la honte d'un Amour outrancier, celui qui déborde dès la première minute, qui s'accroît dans les bras de la personne que notre coeur a choisi, qui nous ôte la vue et nous fait perdre la raison, avant de nous tuer. J'ai honte. Honte d'avoir aimé celui qui a joué avec ma sincérité.

Jamais je n'ai autant supplié le ciel d'être, de devenir quelqu'un d'autre, de changer sur toute la ligne, d'effacer l'erreur qui m'a rendu aussi instable, effrayé et dégoûté. Je suis effrayé par l'avenir, effrayé et dégoûté par moi-même et par le Monde qui m'entoure, je ne veux plus évoluer, je veux être une toute autre personne, à laquelle on ne rappellera plus jamais qu'elle a été naïve au point d'en avoir perdu le goût de la vie.

J'avais néanmoins raison en affirmant : " Un futur à ses côtés ne me déplairait pas, bien au contraire, bien que je sache qu'il me fera souffrir au final. "

Je n'ai jamais connu de souffrance similaire à celle-là, je n'avais jamais refusé autrefois de me lever à cause de la douleur, je n'avais jamais perdu le sommeil à cause d'elle, je ne m'étais jamais égaré à ce point. Tomber pour mieux se relever, dit-on. Mais je n'ai plus de bras, plus de force, plus d'envie même; et je ne suis même plus sûr de saisir la chance de me relever grâce à mon imperturbable lunatisme. Peut-être que je me trompe, encore une fois. Et peut-être que je lèverai le bras à la première occasion venue. Je n'en sais rien, je ne sais plus rien, je me suis perdu... en voulant être heureux.

# Posté le vendredi 01 février 2008 14:53

Modifié le lundi 24 novembre 2008 12:07

Je me suis livré, rapidement mais sincèrement, j'ai tout donné, j'y ai cru, je me suis trompé, mais je continue à y croire, je suis prêt l'affronter, en quête de vérités. J'avais le choix, j'ai choisi : j'ai accepté de mourir, en apprenant à aimer. Je m'en veux, je me dégoûte, même si ma culpabilité est minime. L'Amour m'a eu. J'ai réussi à me laisser aveugler par un simple sentiment, j'ai foncé, tête baissée et yeux fermés, le coeur grand ouvert; j'ai été naïf, au point d'en avoir perdu la raison. J'ai aimé, sans limite, je continue à aimer, et à souffrir de cet Amour à sens unique qui n'aurait jamais du exister. Je ne l'ai pas vu arriver, il est né, sans que je m'en aperçoive; et il grandit un peu plus chaque jour. Que faire pour l'arrêter ? Découvrir la vérité, sa vérité, la seule que mon coeur acceptera d'écouter. Je m'apprête peut-être à me donner une seconde Mort, je le sais, mais je n'ai plus rien à perdre. Cette vérité, quelle qu'elle soit, sera le pilier de ma vie future : avec elle, j'aurai appris quelque chose. Et jamais ma naïveté ne s'élèvera aussi haut, tout comme mon Amour; s'il a encore la force d'exister. Peut-être se laissera-t-il mourir, comme je l'ai fait; et continuerai peut-être à faire.

Je prend une nouvelle feuille blanche, saisis mon stylo, et l'angoisse surgit : je n'arrive plus à écrire. Fini le temps où les mots sortaient sans retenue, presque automatiquement, et où mon coeur s'exprimait sans complexe; depuis deux jours, plus rien ne sort, et ma tête est prête à exploser sous la pression de mes maux. Je tente d'écrire, j'échoue, je réessaye, nouvel échec : plus aucun sentiment ne se laisse attraper pour que j'écrive sur lui, ils ne se laissent plus faire, j'ai peur qu'ils soient bridés, ou peur d'en être dénué, car sans eux, je ne peux plus écrire.
Sans eux, je ne suis plus moi.

Il aura apparemment simplement fallu que je les dénonce pour qu'ils osent de nouveau parler, et il aura suffit de lancer Chris Garneau pour que l'amertume et le dégoût me pénètrent. Je suis dégoûté, je me sens sale, comme jamais. Je tente de tuer l'Amour qui demande à sortir à son tour, il n'a pas lieu d'exister, mais il persiste, ce salaud. Je tremble, j'ai peur, je l'aime, non, je ne peux pas, je ne peux plus, je n'ai jamais pu d'ailleurs, il s'en est toujours moqué, comme il m'a toujours menti, même s'il a sans cesse prétendu le contraire. Il m'a demandé d'être sincère, je l'ai été, plus que jamais, j'ai foncé, débordant de franchise et de respect à son égard; il m'a eu, il est parvenu à me faire douter de ma sincérité et de moi-même, c'était son but, il a gagné, et il le savait dès le départ. J'ai perdu mon soupçon de dignité, celui qui se trouve en chacun de nous, j'ai perdu la raison, mon innocence, et mon coeur. Je ne suis plus rien, juste un être rongé par le dégoût, qui se lève chaque matin avec le même espoir : celui de parvenir à oublier ce faux pas destructeur; et à vivre de nouveau, sans avoir à supporter l'infernal affrontement de l'Amour et du dégoût. Réussir à enterrer le sentiment d'avoir été sali par une naïveté presque aussi grande que mon Amour. Renaître. Loin de son visage.

10h32. Je suis dans un café bondé, le temps est exécrable, j'entends une fille se plaindre pour son brushing, je vois deux personnes qui s'embrassent, et les autres rient aux éclats. Je tente de faire abstraction de ce qui m'entoure, et me met à écrire. Je suis endormi, malgré les deux cafés que je viens de commander. J'ai besoin d'être secoué, je veux me réveiller, quitter ce corps prêt à lâcher prise sous la pression de mes pensées noircies par mon erreur. Je veux l'oublier, assumer ma naïveté, repartir, souriant, plus confiant que jamais, renaître, avec l'illusion d'avoir réussi quelque chose. Je veux vivre à travers mes lignes, vivre au rythme des phrases qui se forment, courir d'une lettre à l'autre, sans m'arrêter. Ecrire, sans douter, sans mentir, écrire ma vie, celle des autres, jusqu'à en crever. Pousser mon dernier souffle, stylo en main, prêt à annoncer ma Mort.

Je me suis livré, rapidement mais sincèrement, j'ai tout donné, j'y ai cru, je me suis trompé, mais je continue à y croire, je suis prêt l'affronter, en quête de vérités. J'avais le choix, j'ai choisi : j'ai accepté de mourir, en apprenant à aimer. Je m'en veux, je me dégoûte, même si ma culpabilité est minime. L'Amour m'a eu. J'ai réussi à me laisser aveugler par un simple sentiment, j'ai foncé, tête baissée et yeux fermés, le coeur grand ouvert; j'ai été naïf, au point d'en avoir perdu la raison. J'ai aimé, sans limite, je continue à aimer, et à souffrir de cet Amour à sens unique qui n'aurait jamais du exister. Je ne l'ai pas vu arriver, il est né, sans que je m'en aperçoive; et il grandit un peu plus chaque jour. Que faire pour l'arrêter ? Découvrir la vérité, sa vérité, la seule que mon coeur acceptera d'écouter. Je m'apprête peut-être à me donner une seconde Mort, je le sais, mais je n'ai plus rien à perdre. Cette vérité, quelle qu'elle soit, sera le pilier de ma vie future : avec elle, j'aurai appris quelque chose. Et jamais ma naïveté ne s'élèvera aussi haut, tout comme mon Amour; s'il a encore la force d'exister. Peut-être se laissera-t-il mourir, comme je l'ai fait; et continuerai peut-être à faire.

# Posté le mardi 27 mai 2008 15:21

Modifié le lundi 24 novembre 2008 12:19