Passion meurtrière.

Passion meurtrière.
A l'aube, il ne restait plus rien...

Il était tôt. Il n'y avait pas un bruit, à part celui qu'émettait son coeur à chaque pulsation. Il profitait du sommeil de son partenaire, épuisé, pour l'admirer en silence et repenser à la nouvelle nuit de folie qu'ils venaient tous les deux de passer. Ensemble.
Ils ont fait la tournée des bars, l'un buvait excessivement, noyant son désarroi personnel et sa crainte démesurée dans des litres d'alcool; l'autre ne buvait pas, il le regardait, l'air à la fois ahuri et inquiet, se sentant comme vaincu devant un acte qu'il ne pouvait pas contrôler, et qu'il n'aurait de toute manière jamais pu contrôler. Ils chantaient, riaient aux éclats, ils se sont baladés sur le Champ de Mars enneigé, presque abrutis par le froid glacial de cette sombre saison; ils s'embrassaient, s'arrêtaient difficilement, l'un finissait toujours par réclamer le parfum des baisers de l'autre. Ils souriaient, s'admiraient, l'un continuait à boire, tentant désespérément de noyer ou de refouler un minimum la passion, qui, depuis leur rencontre, n'avait fait que s'exalter; ce qui avait le don de l'effrayer. L'autre le regardait, toujours plus peiné, avec le même sentiment d'impuissance face à ce qu'il ne pouvait pas maîtriser, ni même comprendre. Ils ont fait trois fois l'amour cette nuit-là, et après cette intense partie de plaisir, l'un d'entre eux a fini par glisser à l'oreille de l'autre ce qu'il attendait tant de recevoir un jour : "Je t'aime". L'autre n'a pas répondu, il l'a embrassé fougueusement, avec un coeur prêt à lâcher sous l'émotion véhiculée par la présence de l'être qui lui est cher, et la divulgation sacrée qu'il venait de lui annoncer. Ils se sont endormis, l'un contre l'autre, dans un silence poignant, qui se voulait en réalité prévenant. Il annonçait le lugubre événement qui allait se produire.
Il s'est levé, prenant garde à ne faire aucun bruit pour ne pas réveiller son partenaire, a fini la bouteille de whisky qui traînait au pied de la table basse, puis s'est mis à se tailler les veines machinalement, sans laisser entrevoir un quelconque sentiment de douleur, aussi faible soit-il. Il a récolté le sang perdu, et a tenu sa promesse. Il avait juré qu'il écrirait un jour le bien-être indescriptible et imperturbable dont il était frappé lorsqu'il était à ses côtés. Sur le parquet en bois brut, il avait écrit : "Moi aussi, je t'aime".

# Posté le mercredi 07 mai 2008 16:20

Modifié le lundi 09 février 2009 11:37

L'écriture, une passion ? Non, c'est ma raison de vivre.

L'écriture, une passion ? Non, c'est ma raison de vivre.
L'écriture est pour moi bien plus qu'un simple passe-temps et même bien plus qu'une passion, c'est ce qui permet à mon être et à mon âme d'exister, c'est ce qui me permet de tenir; sans elle, et je ne prononce pas ces mots à la légère, je ne suis plus rien. Avec un stylo en main, mon corps s'anime et mon esprit s'agite devant l'invasion de tous ces mots qui demandent à être ancrés sur le papier blanc. Je me sens vivre. Je suis tourmenté ou non, mon désarroi personnel s'atténue ou se renforce, mais je vis. Pleinement.
Je ne conçois plus ma vie sans l'écriture. Je veux vivre des mots, de mes mots, c'est la seule chose en laquelle il me plait de croire sans craindre un éventuel échec. Je ne cherche pas la popularité ou toute autre forme de reconnaissance, je n'attends aucun succès, aucun gain particulier, si ce n'est celui d'apprendre à me connaître et à connaître autrui, apprendre à comprendre, à concevoir, accepter. M'enrichir, autrement qu'avec des millions; seulement par le biais d'une intense réflexion sur tout ce qui m'entoure et sur ma propre personne. C'est mon ambition formelle, que je m'empresse d'appliquer chaque jour un peu plus. Je veux comprendre ce que l'on nomme la vie et apprendre à la rejoindre tout en ayant saisi ce qu'elle renferme, et je ne peux m'imaginer y parvenir sans écrire et réfléchir.
Je suis prêt à tout pour continuer à écrire, prêt à renoncer à d'autres ambitions et d'autres projets que je me suis imaginé, je suis même capable de renoncer à ma laborieuse recherche de l'Amour, car je sais déjà que j'en détiens un, d'une autre forme cependant : celui que j'éprouve pour l'écriture. Et je sais qu'il ne me quittera jamais, qu'il ne me sera jamais infidèle et que je ne le trahirai pas non plus, il est ancré en moi depuis mon enfance, c'est de ce même Amour dont j'ai été le plus nourri jusqu'à ce jour. Celui que me procurent les mots. Il est, d'ailleurs, probablement le seul Amour que je ne regretterai jamais de véhiculer ou même de ressentir, le seul dans lequel je peux me permettre de croire et accepter de me laisser guider. Je vois l'écriture comme une évidence, je ne vois que par elle, ne juge que par elle, n'existe que grâce à elle. Je dois ma vie aux mots, ce sont eux qui m'animent, je pourrais mourir pour eux... Puisqu'ils m'ont permis d'exister.

[...]

Les mots m'ont fait jouir de plus en plus chaque jour, ils m'ont rendu de plus en plus reconnaissant, meilleur dans ma façon de voir et de penser, plus profond dans mes convictions ou mes idées dans lesquelles je croyais être pleinement ancré alors que je ne faisais que les effleurer, plus profond dans la vie même; ils m'ont permis de grandir, et enfin, d'exister.

Exister loin de la réalité.


Je vis entre mes lignes, cours d'une lettre à une autre jusqu'à en perdre haleine; l'écriture est, en plus d'être ma raison de vivre et mon exutoire principal duquel je ne peux absolument pas me détacher, un jeu fascinant, auquel je m'adonne sans aucune crainte et sans aucune souffrance, avec jubilation, tout en sourires. Je laisse mon esprit s'emparer de ce qu'il souhaite, je laisse chaque sentiment s'opérer dans l'obscurité de mon être, dans la région de mon inconscient la plus profonde et la plus inexploitée, tout ce qui est habituellement inaccessible, fermé, interdit, devient un immense dégagement fertile, préludant une irruption de sentiments sur le papier blanc, l'indicible est dévoilé, mon âme est ouverte, prête à s'ouvrir davantage, disposée à ne rien laisser flâner dans mes entrailles, pas le moindre sentiment, le moindre mot ou la moindre inspiration. Elle s'adonne à la vie. Je m'adonne à la vie. Dans ma propre réalité, celle que je me suis forgé.

Loin de la réalité absolue. De l'abjecte réalité.


J'étais heureux, ce soir là. J'étais dans ses bras, je n'avais peur de rien, son regard suffisait à me rassurer et à me dire que j'avais de l'importance. Je ne le quittais pas des yeux, je le dévorais, dévorais cet Amour que je pouvais lire à travers son regard percutant, il me déposait des baisers par centaines, je n'oublierais jamais leur odeur, je n'oublierais jamais à quel point je me sentais bien à ses côtés, j'avais l'impression d'être en sécurité, que rien ne pouvait m'arriver, ou plutôt que tout pouvait se produire, mais que rien n'empêcherait mon coeur de continuer à battre. On ne parlait pas, on n'en avait pas besoin, nos coeurs parlaient pour nous. On souriait, c'est tout. Je savourais chaque instant, chaque baiser, chaque caresse, chaque regard, sans penser à ce qui m'effrayait habituellement. Oui, j'étais heureux, ce soir là.
... puis je me suis réveillé.

# Posté le mardi 03 juin 2008 13:55

Modifié le lundi 16 mars 2009 15:44

Saint-Valentin = J-11.

Saint-Valentin = J-11.
Je ne trouve aucun mot assez fort permettant d'exprimer la confuse agitation dont je suis imbu ou l'acharnement de mon coeur terrifié et soucieux. Je n'ai plus envie de croire en ces paroles répétitives, je dois toujours affronter le même discours, celui que mes craintes me poussent à prendre pour des mensonges, des absurdités que je ne dois pour rien au Monde prendre au sérieux. Mais je ne sais pas choisir. Désir ou raison ? Dois-je y croire, dois-je me donner, puisque je sais que je suis de toute manière voué à l'échec ?
Je ne vois ni ciel bleu, ni verdure, ni fleurs, ni oiseaux, mes yeux errent au loin, cherchant encore les beaux jours.
Le beau jour.


Je veux goûter à la vie, approcher ce que je désire le plus au Monde. Mais mon pessimisme et ma peur déroutante de tout ce qui m'entoure m'en empêchent. J'ai besoin d'être pris en main. Mais au lieu de ça, j'effraie. Je fais fuir. Je dégoûte, parfois. Je suis voué à échouer. Toujours. Comme nous tous.

Mais est-ce donc inhumain de demander ne serait-ce qu'un soupçon d'Amour ? Je demande seulement à frémir aux côtés de celui qui aura su m'accepter.




... Et on tente de fuir la réalité et nos craintes comme on peut. On ne cherche pas forcément à se détruire, mais surtout à s'oublier.
Bien qu'il s'agisse seulement d'un plaisir de courte durée, le résultat est là, au lieu de me mentir et de me laisser emporter par les événements, je souris, parvenant même à arracher ma douleur et ma colère durant quelques heures. Mon coeur se sent rassuré devant la joie innocente dont je fais preuve dans ces moments-là, il semble presque oublier d'avoir été navré et indigné quelques instants plus tôt. Ces signes de joie ne sont évidemment pas équivalents, ou même comparables, aux signes de faiblesse et de lassitude que je peux éprouver en temps normal, mais ils sont presque aussi forts, aussi puissants, car j'accepte de me laisser bercer d'illusions... même si cela entraîne une dérive certaine, un dérapage certain. Il m'est devenu impossible de contrôler mes sentiments et ressentiments ou même de les soutenir sans que mon être soit agité dans sa totalité, alors je fuis, m'enfuis, laisse libre cours à mon imagination; cela renforce l'image du petit être qui souffre et qui tente de s'oublier en adoptant des pratiques pour le moins inquiétantes, mais cela m'est égal, dans ces moments-là, je suis vidé, vivant et inexistant à la fois, je souris, et c'est ce que je juge essentiel.

# Posté le vendredi 16 mai 2008 13:43

Modifié le mardi 03 février 2009 11:40

Il y a des choses qui ne peuvent (hélas ?) pas s'oublier.


Je sens la fatigue m'envahir, j'optimise chaque seconde pour tenter d'oublier l'inoubliable, et m'oublier moi-même. Arrêter de penser. Oui, c'est possible. Bourrage de crâne. Destruction des neurones. Autodestruction. Je puise dans mes réserves jusqu'à tomber de sommeil, ce qui me permet de commencer à le retrouver; et à force d'introspections, je m'améliore, et finis par ne plus voir au-delà de ce que mon esprit, cédant sous l'acharnement de mes armes ravageuses, décide d'afficher, à savoir des pensées un peu moins sombres de jour en jour. Enjolivées et remplies d'ingénuité. Je ne vois plus noir, je vois gris. Ou alors je ne vois rien. Et c'est là tout le bonheur. Lorsque les pensées disparaissent, la crainte les suit, mon corps se relâche, je me sens léger, prêt à m'envoler, au bord d'un nouveau Monde, presque sans crainte et sans oppression, presque rose; un Monde irréel. Une parfaite illusion. Une illusion qui disparaîtra dès le réveil, et que je tenterai de nouveau de faire réapparaître durant la journée que je m'apprête à passer. Toujours avec le même espoir : celui d'oublier. Et de parvenir à trouver le sommeil. Aussi facilement que je parviens à chasser mes démons ces derniers jours, depuis le début de ma quête pour le moins ambitieuse. Depuis que l'autodestruction a commencé.

[...]

J'octroie toute mon attention à ma propre sérénité, je cède devant les plaies de mon coeur ensanglanté et démuni. Il demande à rejoindre la tombe, à être vidé de son sang jusqu'à son dernier centimètre afin d'être dénué de tout sentiment, de toute souffrance, de tout ce qui le rattache à la vie; il ordonne qu'on l'enterre aussi rapidement que la vie parvient à le mutiler, mais ambitieux et naïf, j'en décide autrement, pensant pouvoir le tirer d'affaire avec autant de vaillance que je déploie pour préparer ma propre Mort. Mais il n'en est rien. Il est bien trop tenace, bien trop rempli, il déborde d'Amour, de dégoût, d'amitié, de crainte, et de toute une multitude d'autres sentiments tout aussi envahissants et dévastateurs. Je crois qu'il ne mourra jamais entièrement, je crois même qu'il continuera à battre et à parler lorsque j'aurais rejoint la tombe.


Mon corps, jusqu'à présent inerte, commence à reprendre vie; il est accablé par la souffrance, il hurle, répondant aux appels de détresse de mon esprit et de mon coeur, tous deux tenaillés. J'aurais préféré qu'il reste inanimé, soumis devant les obstacles qu'il devait endurer, répondant absent à chaque nouvelle torture exécutée; je n'avais pas besoin de m'occuper de lui, mieux encore, je pouvais le maltraiter sans limite, il ne se plaignait jamais... un vrai petit soldat simulant sa Mort pour mieux contre-attaquer. Il se débat. Je crois même qu'il commence à me battre. Je ne le contrôle plus. Enlevez-moi ces mains. Quelles mains ? Elles ne m'appartiennent pas. Plus. J'ai les joues rouges, prêtes à exploser. Ca y est, elles explosent. Regardez-moi ce désastre, étalé devant mes yeux inondés de larmes. Il est l'abjecte résultat d'une souffrance corporelle et morale devenue incontrôlable. Enlevez-moi ce coeur, puisque vous ne pouvez pas le guérir... puisque vous ne pouvez pas m'aimer. Abattez mon cerveau, l'origine de toutes mes souffrances. Je veux que mon corps soit totalement inerte, mais que mon âme, elle, continue à vivre, à errer entre routes et déroutes, admirant mon corps et mon coeur gisants sur le sol, salis par l'erreur et le dégoût; je veux qu'elle vive dans la plus intime et la plus poignante des libertés, celle qui marque la fin de la répulsion et de l'amertume dont je suis gorgé en étant animé.

J'estimerai avoir réussi une grande partie de ma vie le jour où j'aurais prononcé, tout en le ressentant véritablement,
"Je t'aime".

# Posté le jeudi 05 juin 2008 17:36

Modifié le mercredi 28 janvier 2009 14:11

Je prends chaque jour un peu plus conscience de l'importance des mots, de leur puissance, leur grandeur. Je vis des mots, Descartes, Rousseau, Sartre, Cicéron, Zola et plein d'autres encore sont devenus des aliments que je dévore avec autant d'enthousiasme que d'acharnement. Les mots m'émeuvent, mais m'effraient à la fois. Avec eux, vous pouvez faire tout ce que vous voulez. Séduire, dénoncer, critiquer, et même tromper; tout est permis, et avec maîtrise et réflexion, la concrétisation de votre projet devient une évidence, la réussite vous ouvre les bras. J'aimerais privilégier les actes et non les mots, rendre muettes certaines personnes en qui je doute pour les laisser s'exprimer autrement qu'avec des mots, sans le moindre murmure; pour écouter parler leur âme, voir ce qu'elles cachent ou ce qu'elles renferment, sans être trompé ou aveuglé par de simples sons émanant de ce que l'on nomme une bouche. Je prône un retour à la sincérité, la vraie. Pas celle que l'on peut entendre ou lire, celle que l'on ressent. Parlez, parlez donc, je ne vous écouterai pas.

Je prends chaque jour un peu plus conscience de l'importance des mots, de leur puissance, leur grandeur. Je vis des mots, Descartes, Rousseau, Sartre, Cicéron, Zola et plein d'autres encore sont devenus des aliments que je dévore avec autant d'enthousiasme que d'acharnement. Les mots m'émeuvent, mais m'effraient à la fois. Avec eux, vous pouvez faire tout ce que vous voulez. Séduire, dénoncer, critiquer, et même tromper; tout est permis, et avec maîtrise et réflexion, la concrétisation de votre projet devient une évidence, la réussite vous ouvre les bras. J'aimerais privilégier les actes et non les mots, rendre muettes certaines personnes en qui je doute pour les laisser s'exprimer autrement qu'avec des mots, sans le moindre murmure; pour écouter parler leur âme, voir ce qu'elles cachent ou ce qu'elles renferment, sans être trompé ou aveuglé par de simples sons émanant de ce que l'on nomme une bouche. Je prône un retour à la sincérité, la vraie. Pas celle que l'on peut entendre ou lire, celle que l'on ressent. Parlez, parlez donc, je ne vous écouterai pas.
Les révélations de la face sombre.

C'est par le biais de ma propre destruction et de la destruction d'autrui que je parviens à me trouver et me construire. Il m'est arrivé de m'affliger des souffrances non négligeables dans le simple but de découvrir mes limites et donc de me découvrir moi-même ; et d'exercer une forte pression sur quiconque de mon entourage, parfois sans raison, pour calmer mon manque de confiance en moi et en la race humaine en général, et pour triompher de la souffrance morale véhiculée. Je n'ai jamais prétendu être bon, je ne le suis pas, du moins pas entièrement, personne n'est, à mon sens, pleinement rempli de bonté ou même de bénignité. Nous avons tous un masque sombre dans notre collection, que certains s'obstinent à cacher ou à refouler, cela n'a jamais été mon cas, et je ne suis pas perturbé ou apeuré à l'idée de dire qu'il m'est arrivé, plus d'une fois, de jouir de la souffrance d'autrui lorsque j'en ai été l'élément déclencheur. Cependant, je trouve les meilleures réponses à mes questions et les meilleures vertus dans ma propre destruction. Je n'ai pas peur de me faire du mal, la seule chose qui m'effraie, c'est de me perdre.

# Posté le vendredi 30 mai 2008 05:19

Modifié le jeudi 29 janvier 2009 01:19

Avant-hier, j'étais dans un dilemme. Hier, j'ai fuis sous la panique. Aujourd'hui, je fais demi-tour. Et maintenant, à cette heure précise, je sais ce que j'ai à faire.


Toujours à mes risques et périls.



Et comme à mon habitude, je bouscule mes idées de la veille, non forcément de mon plein gré, pour satisfaire mon esprit tourmenté et réussir à combler les vides qui deviennent de véritables menaces. Je voyais mon coeur s'élancer hors de l'enveloppe protectrice que je lui avais patiemment construit; il s'imprégnait des quelques rares mots doux que l'on m'avait divulgué d'une manière aussi soudaine qu'un buvard s'imbibe de l'ancre qu'on lui offre. Je l'ai remis à sa place, me sentant obligé de le tenir hors de tout délire ou de toute rêverie. Il est maintenant hors de danger, à l'abri d'éventuelles paroles susceptibles de le faire s'animer; j'espère qu'il acceptera que mes idées le dominent et qu'il n'éprouvera aucun sentiment d'oppression ou de maltraitance, je fais ce qui est bon pour lui, ce que je juge essentiel à sa survie. Par la suite, je lui apprendrai à souffrir en silence, sans le moindre murmure, avant de lui apprendre à aimer, et donc à mourir. Toujours dans le plus prenant des silences.


Je rêve d'évasion, et fantasme à l'idée de pouvoir m'enfuir dans les bras de n'importe quelle personne qui saura comprendre ma sincérité à travers mon regard et m'accepter tel que je suis. Il m'arrive encore de croire que cela peut m'arriver un jour.

# Posté le mercredi 24 septembre 2008 14:29

Modifié le mercredi 28 janvier 2009 10:29

"Un homme gai n'est souvent qu'un infortuné, qui cherche à donner le change aux autres, et à s'étourdir lui-même", Rousseau.

"Un homme gai n'est souvent qu'un infortuné, qui cherche à donner le change aux autres, et à s'étourdir lui-même", Rousseau.
On se doit de vivre, ou du moins d'essayer, puisque l'on existe. Alors on se berce d'illusions et on lève la tête, juste pour se donner l'impression que l'on avance, alors qu'il n'en est rien, et que l'on sait pertinemment que l'on est voué à l'échec. On est en quête de l'irréalisable. Partout autour de nous, c'est le même tableau : des routes aussi âpres qu'abjectes, sombres et semées d'embûches, parmi lesquelles on devra choisir les nôtres. On fait des choix, on tente de se persuader que c'est pour notre bien, alors qu'ils sont en fait dominés par une instabilité déconcertante : on ne sait jamais quoi faire, on n'est jamais sûr de ce que l'on veut, on croit l'être, on doute, on s'interroge, on recule, puis on s'élance, sans savoir si l'on a fait le bon choix, mais en ayant cependant conscience d'une chose : on s'apprête à retomber. On ne peut pas réussir. On ne peut pas s'élever, on ne peut pas briller. Ou alors on y parvient, ou on croit y être parvenu, mais cela ne dure qu'un temps, et on finit toujours par revenir à la réalité. Celle qui nous dégueule chaque jour à la figure. Celle que l'on tente de fuir dès lors qu'on l'a approchée, ou que certains tentent de nous cacher avec de beaux discours, reflétant eux-même une crainte immense de cette même réalité. On vit dans un Monde répugnant. Nous sommes tous de répugnants résidus à l'existence compromise et vouée à un avenir qui ne sera que plus douloureux. On en a conscience, mais on continue à croire en un avenir meilleur. On veut y croire. On veut espérer. On veut vivre. Apprendre à vivre. On se rattache à un idéal, à des objectifs précis, dans lesquels on fonde tous nos espoirs, espoirs que l'on s'empressera de regretter une fois redescendus sur Terre. C'est toujours le même schéma. Il n'y a qu'une seule réalité. Fuyez-là pendant qu'il en est encore temps. Appuyez sur la détente, vous souffrirez moins qu'en vous livrant à la vie.


Je suis exténué par les combats, effrayé par la vie et tout ce qu'elle comporte. Mon existence est rongée par mes craintes et mes regrets. Je ne vis que par eux. J'irai même jusqu'à dire que sans eux je n'existerai pas, puisqu'ils sont tellement constitutifs de ma personne. J'ai peur. De tout. Je tourne la tête, et à gauche comme à droite, je ne vois que le pire, je ne vois qu'une crasse jaunâtre qui se répand partout autour de moi et qui m'obscurcit la vue. Je pense avoir les yeux trop ouverts, presque lucides, je ne vois pas les choses, mais l'intérieur des choses, je vois ce qu'elles contiennent, ce qu'elles cachent, je vois leurs vices, et tout ce qui les rend méprisable. Ces découvertes m'effraient. J'aimerais refermer ces yeux qui m'ont fait connaître la réalité dans laquelle nous vivons, j'aimerais croire de nouveau en des choses qui, je le sais, n'ont jamais existé et n'existeront jamais, qui sont le simple fruit des illusions parmi lesquelles on a été bercé depuis notre enfance, mais dans lesquelles il me plaisait de croire. Croire en ce qui est inexistant. Croire en l'irréalisable. Voilà dans le fond notre but à tous.



Je crois que mon sentiment le plus fort à son égard est la crainte, car j'ai toujours octroyé une méfiance inébranlable en ce qui est bon en apparence. Il semble bon. Mais où peut donc se cacher le Mal qui l'habite ? Je ne le vois pas. Je prends peur. Je commence à fuir. Peut-être même ais-je déjà fui. Je n'en sais rien. Je ne sais plus où je suis. Je suis perdu, quelque part où je dois choisir entre la voix de l'âme et la voix du corps. La conscience ou la passion. Je n'y arriverai pas. Je serai déjà tombé avant même d'avoir pu choisir. Il se sera déjà envolé, prenant mon coeur au passage, celui qui parvient à battre à son seul nom. Que dis-je ? Mon coeur bat à son nom ? J'ai donc trouvé ma réponse ? Non. Je m'efforce à fuir de nouveau. La crainte m'y oblige.

# Posté le dimanche 01 juin 2008 09:31

Modifié le jeudi 22 janvier 2009 12:18

A la recherche du Prince charmant.

Fais-moi sourire, fais-moi rêver, je t'autorise même à faire tourner ma tête si tu jures me garder près de toi, ouvre-moi ton coeur, je veux y entrer, m'y installer confortablement, y encrer mon prénom, je veux ton Amour, je le veux dans sa totalité, prends-le mien en échange, allez, mon Prince, fais-moi trembler, caresse-moi, embrasse-moi, divulgue-moi tes plus beaux mots, dis-moi que tu m'aimes, je t'en prie, écoute mon coeur, il hurle ton nom, alors continue, ne t'arrête pas, ne t'arrête jamais, mets-moi des étoiles dans les yeux, je veux rêver, je veux jouir, faisons l'amour, unissons-nous jusqu'à ne faire plus qu'un, continuons, je t'en supplie mon Prince, ne t'arrête pas, ne me quitte pas, je suis là, continue, écoute mon coeur, regarde-moi, je pleure pour toi, je suis à toi, je t'appartiens, rends-moi dingue, vas-y, je n'ai plus peur, fais de moi ce que tu veux si tes intentions sont bonnes, je m'autorise à t'aimer, alors vas-y, permets-toi de me faire chavirer, tue-moi, vas-y, je veux mourir dans tes bras.

Fais-moi renaître, mon Prince. Fais-moi crever.

# Posté le mardi 08 avril 2008 05:34

Modifié le jeudi 22 janvier 2009 12:17

Les doutes perpétuels et destructeurs.

Les doutes perpétuels et destructeurs.
Je ne crois pas en ma "capacité à plaire".

Illusion ou réalité ?



Réveillez-moi, secouez-moi, ouvrez-moi les yeux, non, au contraire, fermez-les moi bien, soudez-les moi, je ne dois plus pouvoir les ouvrir, je veux être aveugle, pouvoir me laisser bercer d'illusion sans craindre le retour à la réalité, je ne veux plus avoir à choisir entre le coeur et la raison, je veux vivre naïf, heureux et naïf. Je ne veux plus être le petit être instable, perturbé, rongé par ses craintes, je ne veux plus être un jouet, je veux jouer à mon tour, je veux vivre avec les mots, vivre de cette mélodie qui trotte dans ma tête, je veux de la poésie, des mots exquis, je veux trembler, que l'on me fasse trembler, je veux m'imprégner des mots les plus ravissants qui soient, je veux jouir, jouir d'un simple vers. Je veux me tailler les veines pour écrire sur tous les murs mon bien-être, celui de la Renaissance. Je veux vivre, les yeux fermés, vivre mes rêves, ne plus parler, ne plus manger, je ne veux même plus boire, je veux simplement exister dans les bras de la personne qui aura su m'accepter. Exister à travers le regard de l'autre. Exister pour sa simple personne. Tout donner, avec autant de sincérité que de respect. Je veux m'épuiser à aimer, m'écrouler sous le poids de l'Amour partagé, je veux crever dans les bras de cette personne, crever d'un Amour que je n'aurais pas eu le temps de regretter.

Voilà mon plus grand souhait pour cette année 2009.


Mais pour l'heure, je reste, à mon grand désarroi, un petit être perturbé et exécrable. Celui qui s'auto-détruit en doutant à chaque seconde ou à chaque pas mis en avant, qui laisse la vie l'achever, qui crève d'une connerie démesurée, s'amplifiant de jour en jour. Et qui, parfois, se demande pourquoi il bouillonne autant.

# Posté le jeudi 05 juin 2008 14:01

Modifié le jeudi 22 janvier 2009 12:17

Mon visage reste figé par l'abjecte réalité que je viens une fois de plus de me prendre en pleine figure.

Mon visage reste figé par l'abjecte réalité que je viens une fois de plus de me prendre en pleine figure.
Je suis au bord. Juste au bord. Je marche seul, trébuche seul, je tomberai seul aussi.

Perds tout ce que tu peux, tout ce que tu as, jusqu'à ce qu'il n'y est plus un gramme de dégoût et de mal-être qui trainent. Continue à t'affamer, à courir, jouis de cette transformation physique, continue à sourire devant le résultat dont tu es si fier que t'affiche ton amie, continue à maîtriser ton corps, quitte à le mal-traiter, profites-en, c'est la seule chose que tu réussis à contrôler. Finis-en avec ces kilos qui te rattachent à ta vie d'antan, prouve aux autres ce dont tu es capable, prouve leur que tu es capable d'obtenir un nouveau corps, sculpté par l'ambition et le besoin de revanche dont tu te nourris pour t'accorder une Renaissance que tu juges essentielle, prouve leur que tu peux changer physiquement, puisque tu ne sais changer mentalement. Et si tu crois que cette perte pourra contribuer à te faire évoluer, et bien continue à perdre, perdre toujours plus, jusqu'à te perdre toi-même. Tu te trouveras enfin.

# Posté le vendredi 27 juin 2008 07:27

Modifié le dimanche 28 décembre 2008 10:41