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Espèce de petit littéraire de merde.

Espèce de petit littéraire de merde.
J'ai voulu vivre heureux et serein, approcher l'Amour, goûter au bonheur, et j'ai fini par plonger. Bien loin de la paix intérieure, je me bats à chaque seconde contre ma propre personne, ris de honte des incroyables erreurs que j'ai pu commettre par le passé et qui sont l'origine de mes tourments persécuteurs actuels. Ils me détruisent, tandis que je continue à bousculer quotidiennement mes idées ou mes convictions pour trouver un minimum de sérénité, suffisamment pour continuer à vivre. Mes souvenirs sont marqués de fleurs fanées ou subtilisées, de pages jetées sans jamais avoir été rompues ; je vois mon passé me rattraper, envahir mon être, mon ultra sensibilité déjà trop prononcée devient flagrante, et devient à elle seule représentative de ma personne. Je verse une larme pour un dit ou un non-dit, un geste ou un regard, tout est devenu susceptible de me laisser rattraper par la lassitude ou le désespoir. Moi qui me sentais renaître il y a quelques mois, moi qui voyais mon être s'élever, enterrer les échecs consécutifs avec succès, prendre une certaine forme de prééminence face aux embûches rencontrées, qui me sentais digne de vivre, d'amour et de respect, moi qui rêvais d'être traité comme je méritais de l'être, à savoir avec sincérité, je me vois soudainement périr, en plus de me voir refondre en un être encore plus méprisable qu'autrefois ; je vois un espoir qui s'effondre, celui d'une vie, loin de la morosité ou de tout autre sentiment capable d'assombrir un peu plus ma vue déjà presque trop noire, sans que je parvienne à le maintenir éveillé. C'est avec violence que j'avance et tente de me débattre face aux suprêmes démons de mon passé, je veux continuer à y croire. Quelle insanité, pour quelqu'un qui voit déjà son coeur et son corps s'éteindre un peu plus chaque jour ! Après tant de tourments, tant d'échecs et de remises en question, il n'y aura pas de grande différence si je décide de croire de nouveau, à part un nouvel échec, tout aussi absurde que les précédents, tout aussi destructeur ; mais nous sommes voués à l'échec, alors pourquoi ne pas décider de croire de nouveau en quelque chose, si cela peut simplement nous transmettre l'illusion d'avancer, et donc de vivre encore un peu ? Le schéma se répètera forcément, il n'y a pas d'exception, pas d'issue, je suis assuré de finir mes jours dans la même crainte et dans le même état d'esprit qui me frappent à l'heure où j'écris ces lignes. J'achèverai ma vie sans jamais avoir percer le mystère de la mémoire et de la conscience, du moins celles qui m'appartiennent, sans jamais avoir pu refouler ce qui me semblait bon d'être oublié, et à l'inverse, de garder en mémoire ce qui m'aurait éventuellement pu permettre de tenir un peu plus longtemps. La partie de moi qui se veut noire, qui est rongée par une instabilité inébranlable, des démons antérieurs menaçants et une sensibilité que j'ai moi-même du mal à croire, et qui représente la quasi-totalité de mon être, sera la seule chose triomphante. Le reste, ce que j'ai envie de nommer « ma partie plus blanche », pratiquement inexistante, ou du moins peu perceptible et difficilement docile, se sera consumée sans que personne n'ait eu le temps de s'en rendre compte.
Pour l'heure, je souhaite que les sentiments qui m'alimentent s'atténuent, car ils ne peuvent disparaître, je veux me sentir moins épris, un peu plus loin de la fatalité que je ne le suis à cet instant. Prêt à commencer un combat de plus. Prêt à croire que je trouverai enfin un homme qui saura capable de calmer ma dérive -car tout comme mes sentiments, elle ne pourra pas se perdre avant l'ultime fin- et m'ouvrir un minimum son c½ur pour que je m'y repose et trouve enfin la sérénité que je cherche vainement à acquérir depuis déjà bien longtemps. Je suis prêt à apprendre à aimer de nouveau, prêt à accepter de mourir. Pour celui qui en vaudra la peine, celui que mon c½ur croit avoir frôler il n'y a pas si longtemps.

# Posté le jeudi 22 mai 2008 15:06

Modifié le vendredi 06 février 2009 17:00

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