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" J'ai peur d'un baiser comme d'une abeille. Je souffre et je veille sans me reposer : j'ai peur d'un baiser ! ", Aquarelles, Romances sans paroles, Paul Verlaine.

Je tente de relativiser.
Mais si vous saviez comme je souffre, comme j'ai peur...


C'est la dernière chance que je m'accorde.


Entre deux crises, la langueur prend le dessus, j'agonise. Sous l'étreinte de mon esprit tourmenté, je m'exécute. Il me faut évacuer tout ce qui me ronge. L'acidité du dégoût me calcine, mes yeux se noient dans mes larmes, je n'y vois plus rien, j'inspire, expire... c'est l'étouffement. Comme un abattement à vif. Le dégoût a viré, mais reprendra sa place dans quelques heures. En attendant, je peux écouter mon coeur hurler et mon âme se lamenter d'être ombrée par ma personne, mon ineptie désopilante; et me préparer à affronter la prochaine crise, tout aussi insoutenable.



" Dans le vieux parc solitaire et glacé,
Deux formes ont tout à l'heure passé.

Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles,
Et l'on entend à peine leurs paroles.

Dans le vieux parc solitaire et glacé,
Deux spectres ont évoqué le passé.

- Te souvient-il de notre extase ancienne ?
Pourquoi voulez-vous donc qu'il m'en souvienne ?

- Ton coeur bat-il toujours à mon seul nom ?
Toujours vois-tu mon âme en rêve ?
- Non.

- Ah ! les beaux jours de bonheur indicible
Où nous joignions nos bouches ! - C'est possible.

- Qu'il était bleu, le ciel, et grand, l'espoir !
L'espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.

Tels ils marchaient dans les avoines folles,
Et la nuit seule entendit leurs paroles. "


Colloque sentimental, Fêtes galantes, Paul Verlaine.

# Posté le dimanche 11 mai 2008 12:13

Modifié le dimanche 08 février 2009 15:05

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