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Les mots ancrés sur le papier blanc résultent d'un déblaiement perpétuel.

Les mots ancrés sur le papier blanc résultent d'un déblaiement perpétuel.
Chaos d'un je oppressant.

Terre indocile et méprisable,
Alliant crainte et folie jusqu'à ses entrailles
Où passion et raison me tenaillent.

Mots délicieux, venez à moi !
Ancrez-vous dans mon coeur tourmenté;
Il cherche à être aimé, chéri, pris en main,
A renaître un doux matin d'été
Loin des enjôleurs divins
Qui parviennent à me faire chavirer.
Approchez donc, j'ai besoin de vous,
Je suis vidé, dans l'attente d'un « nous ».


[...]


Séraphin charmeur,
Aux mots aimables et aux baisers ravageurs
Emporté par le silence meurtrier;
Disparu dans l'épais voile de fumée
De mon joint entièrement consumé,
Noyé dans des litres d'alcool
Du matin au soir.

Je suis fait pour une autre vie. Avec des mots d'amour, de la poésie, un homme franc au bras, en qui je peux croire, auprès duquel je peux m'accrocher et parader, mais surtout... aimer. Je suis destiné à me battre, combattre, seul devant cette colère et cette peine, à chercher l'Amour pour faire de ma vie ce que j'ai toujours rêvé qu'elle soit : une danse enchantée, illuminée, une mélodie radieuse, belle de passion et de tendresse, animant tout mon être, alimentant tous mes plus beaux sourires; un regard aimant, une histoire d'Amour prête à ravir mon côté fleur bleue, qui me transporte partout où ma moitié se trouve, qui m'émeut, me bouleverse, me fait vivre et non exister, un bonheur riche, partagé, sans artifices, unique. Je suis voué à l'échec, je le sais.



Je souriais, lui ai déposé un baiser; il restait là, immobile, muet, je me suis laissé tomber, en écoutant le bruit de son coeur qui s'éloignait. Je lui ai lancé un regard effrayé, j'essayais de cacher le sentiment de peine que j'éprouvais en le regardant. Le désir revenait lentement à moi, je rêvais de l'embrasser de nouveau, mais mon affliction m'en a empêché; alors je suis resté là, immobile à mon tour, couché sur le sol, défiant son regard fixe, presque violent, lui demandant une dernière chance, un dernier espoir auquel je pourrais me rattacher. Une flamme brillait dans ses yeux. Je l'imaginais s'abandonner contre moi, berçant mes craintes qui m'oppressent par des mots exquis, s'accrochant à mon dos comme un enfant, m'embrassant sans jamais s'arrêter. J'ai eu envie de pleurer, j'étais inondé de larmes, perdu, prêt à me noyer, ne sachant plus à quoi me raccrocher. Puis il s'est avancé vers moi, m'a tendu sa main droite tout en souriant, et m'a chuchoté :
- C'est mon coeur que je t'offre. Prends-le. Je vais devenir un homme parfait, je ne chercherai pas à être un autre pour te plaire, je serai moi, sincère et aimant. Je vais te réapprendre à aimer sans que tu aies à le regretter, et moi, je t'aimerai comme tu en as envie. Je veux vivre ça avec toi. Pour toi, et pour moi. Je sais que j'y arriverai. Profites-en. Accepte-moi. N'aies plus peur, je ne te ferai pas de mal, je tiens déjà trop à toi pour ça.
A mon tour, j'étais sans voix. Je regardais sa main droite, tendue, qui m'appelait, qui semblait demander mon Amour, une main que mon coeur m'ordonnait de saisir. Mais au dernier moment, le doute l'a emporté. Je me suis levé, lentement, sans le lâcher du regard, sa main était restée tendue vers le sol, je tentais cette fois de lui montrer tout ce que je pouvais ressentir, mes craintes et mes doutes, mon Amour et mon dégoût; puis, j'ai fui.

# Posté le dimanche 03 février 2008 09:14

Modifié le vendredi 06 mars 2009 15:54

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