Il n'y a pas si longtemps, j'ai écrit...
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Il est trop tard pour sauver les apparences, trop tard aussi pour continuer à me bercer d'illusions pour continuer ma quête de l'Amour. Je suis totalement désillusionné, abattu, sans aucune énergie pour continuer à me battre. Je n'en vois plus l'intérêt. Je suis rattaché à cette existence qui n'en est pas réellement une, à tout ce dégoût, toute cette souffrance, à ces craintes déroutantes; j'ai souffert, je souffre, je souffrirai, je suis voué à la souffrance, j'ai échoué, j'échoue, j'échouerai, je suis voué à l'échec. Je ne supporte plus le hurlement de mon âme noire et seule et de mon coeur ensanglanté, ni cet abjecte reflet que j'aperçois dans le miroir, celui d'un corps et d'un esprit que je méprise. Je suis arrivé à un stade où l'auto-suggestion ("ne te prends pas la tête, tout va bien, Valentin, et tout ira bien") et mes exutoires ne suffisent plus à me faire tenir. Comment vois-je la suite ? Seul, c'est tout ce que je peux affirmer; rongé, détruit par mes vices, sans doute. Je ne m'autorise plus aucune rencontre, je ne veux pas me voir échouer une fois de plus et écouter le hurlement de mon coeur déçu de nouveau. Cette deuxième histoire, qui engendre d'immenses regrets desquels je n'arrive pas à me détacher, fut la dernière. Il fut le dernier.
Et mon coeur, et mon âme, tous deux rongés par l'âpreté de la répulsion et de l'amertume véhiculés par les échecs continus, tentent de se reconstruire, loin des enjôleurs divins du passé. J'ai souffert, cette chaude nuit d'été, allongé sur le lit au coeur de tant d'impostures, recouvert de ces draps imprégnés de dignité perdue par des centaines d'âmes plus ou moins éprises, en quête de loyauté et d'affection; j'ai souffert, cette fraîche nuit d'automne, réchauffé par l'homme qui, peu de temps avant, m'avouait être son évidence. J'ai voulu y croire sans trop y croire, croire sans souffrir, souffrir sans mourir, j'ai laissé mon coeur parler et agir en mon nom puisque nous ne faisons qu'un, ils ont dérobé mes mots, le parfum de mes baisers, mon âme et mon coeur, pourtant sincères, à la recherche d'une valse enchantée : celle de l'Amour. Ils m'ont sali, en plus de me désillusionner; ils sont à l'origine de ces maux oppressants et de ces amers regrets desquels mon esprit tourmenté ne parvient pas à se détacher. Mes sourires s'effacent, mes craintes se rengorgent et paradent, je suis pris de sanglots devant ces tristes souvenirs, ces visages charmeurs et fallacieux pour lesquels mon coeur a jadis parlé et battu, pour lesquels je me suis senti mourir. Aimer et mourir.
J'ouvre mon être dans sa totalité, j'ouvre mon coeur, mon âme, mes veines, pour les convaincre de ma sincérité, ils ne parviennent pas à en faire autant, ils me donnent tout pour tout reprendre aussitôt : leurs mots doux, leur gentillesse, ainsi que leur soupçon de franchise qui, en réalité, maquillent leur hypocrisie et leur besoin insensé de se fondre et de vivre dans un autre corps le temps d'une nuit, juste une nuit.
Je me tue à répéter que je ne cherche pas une aventure sans lendemain, j'ai besoin de bien plus, je veux me fondre dans d'autres mots, d'autres projets; le désir d'avoir deux bras amoureux autour de moi me brûle les entrailles. Est-ce donc trop demandé, que d'être aimé ?
L'échec et la trahison rendent mon coeur sec et froid, mais je persiste à croire qu'au fond d'une ruelle sombre et semée d'embûches se cache l'être véritable. Qui ne cherche pas à être quelqu'un d'autre, ce qu'il n'est pas. Qui sera épris pour mon âme avant d'être épris pour mon corps, jusqu'à présent trop vite offert.
Je suis à la recherche d'une nouvelle peau, faite de douceur, de sensibilité et d'Amour, j'attends l'homme au regard fervent et lourd, me traitant avec respect, je veux que nous devenions deux géants dominant le Monde, comme intrépides, infatigables, sautant d'une vallée fleurie à une autre, sans jamais se quitter; je veux que nous soyons imperturbables, invincibles, ancrés dans l'éternité.
Bien loin de la sérénité tant attendue et de toute forme de quelconque bien-être, aussi minime soit-elle, je regarde cette âme nébuleuse qui demande à s'éteindre, au même rythme que j'ai vu périr tous mes espoirs, toutes mes convictions les plus profondes, ancrées en moi comme je souhaitais m'ancrer et vivre dans ces mots qui m'ont fait chaviré.