Les mots m'ont fait jouir de plus en plus chaque jour, ils m'ont rendu de plus en plus reconnaissant, meilleur dans ma façon de voir et de penser, plus profond dans mes convictions ou mes idées dans lesquelles je croyais être pleinement ancré alors que je ne faisais que les effleurer, plus profond dans la vie même; ils m'ont permis de grandir, et enfin, d'exister. Exister loin de la réalité. Je vis entre mes lignes, cours d'une lettre à une autre jusqu'à en perdre haleine; l'écriture est, en plus d'être ma raison de vivre et mon exutoire principal duquel je ne peux absolument pas me détacher, un jeu fascinant, auquel je m'adonne sans aucune crainte et sans aucune souffrance, avec jubilation, tout en sourires. Je laisse mon esprit s'emparer de ce qu'il souhaite, je laisse chaque sentiment s'opérer dans l'obscurité de mon être, dans la région de mon inconscient la plus profonde et la plus inexploitée, tout ce qui est habituellement inaccessible, fermé, interdit, devient un immense dégagement fertile, préludant une irruption de sentiments sur le papier blanc, l'indicible est dévoilé, mon âme est ouverte, prête à s'ouvrir davantage, disposée à ne rien laisser flâner dans mes entrailles, pas le moindre sentiment, le moindre mot ou la moindre inspiration. Elle s'adonne à la vie. Je m'adonne à la vie. Dans ma propre réalité, celle que je me suis forgé. Loin de la réalité absolue. De l'abjecte réalité.

Tirade de Hermione à Pyrrhus (Esse à Haine) :

Mon âme, éprise et nue, dansant à votre seul nom
Est aujourd'hui voilée, rongée par l'affliction
Que votre trahison a engendré.
Voyez ce coeur ici bas, gisant sur le sol doré
Ce fut le mien, le fruit de notre hymen divin
Pour lequel nos âmes, belles et braves, devaient briller.
Vous souvenez-vous de ce feu ancien,
De cette passion qui nous animait, de tous ces espoirs sacrés ?
Etaient-ils vains, voués à ne plus exister ?
Mon être, et tout l'amour que je vous ai porté,
M'empêchent d'y croire, de croire en ce funeste sort
Que vous m'avez réservé, et qui est comme une mort.
Ô bel éphèbe, qui, de votre simple regard,
Parvenez à faire verdir les plus noires et plus rares vallées,
Pourquoi m'avez-vous enjôlée ?
Mon âme, mon coeur, et mon être tout entier
Se mettent à hurler de douleur
Devant cette souffrance dont vous êtes l'auteur.
Voyez cette ire, infâme, traître et meurtrier
Sentez cette fureur autant que je la ressens
Et autant que l'on puisse la ressentir - Elle est à vous.
Comme vous deviez être à moi, et à moi seule,
Avant que je ne sois frappée par ce terrible effroi.
Je suis tenaillée, victime de ces espoirs aujourd'hui envolés,
Et propres à Andromaque, que vous souhaitez épouser.
Je suis en proie aux tourments, je meurs d'une ivresse d'amour
Et d'une intense colère meurtrière;
Je cède, sous le ciel lourd.

Hermione a rencontré Andromaque, le mythe a été brisé, nous le réécrivons...

[...]

Je pousse mon esprit et mon coeur à se reconstruire comme si j'étais à l'agonie, je n'ai plus l'envie de courir après le temps, plus le temps d'attendre, il me faut désormais renaître. J'ai cessé de vivre pendant sept mois, sept mois rythmés par la crédulité, le mensonge et l'échec; et mon corps, prestement livré, comme assoiffé de désir, bien plus sensuel que sexuel, n'ose plus affronter son triste reflet, il demande à être purifié, dépêtré de cette impureté et de ces sordides souillures.

Une intime intuition me faisait sentir que le destin et le bonheur d'un Amour partagé se cachaient là, dans leur bras, dans leur regard ésotérique qui me paraissait être une évidence, pour s'emparer de mon être, à mon plus grand bonheur. Mais cette intuition s'égare, s'évanouit même, comme emportée par une nuée ardente : mon coeur d'innocent, implorant la sincérité et l'amour, postulant comme coeur à prendre et comme coeur à aimer, autrefois gelé, figé par l'abjecte réalité qu'il a du affronter et supporter, en proie au dégoût et à la colère, se met à bouillir, à brûler cette réalité maquillée et tous les gens qui la bonifient.

Tout ne sera que plus sombre, plus noir, la crasse apparente dégoulinera sur les tristes tableaux couleur ardoise, révélant leur véritable nature; le blanc dont ces frasques ont été imbibées à l'amorce aura totalement disparu, comme écaillé par les tourments de la Vie et leur acidité, comme étranger, démasqué : il est un leurre. Il est partout autour de nous, partout où nos esprits naïfs sont capables de s'égarer, partout où les hommes ont voulu le placer, il est destiné à nous aveugler, nos yeux doivent rester fermés et ne s'ouvrir sous aucun prétexte; il doit nous permettre d'avancer, d'évoluer, de composer avec le présent en parfaite harmonie et de ne pas craindre l'avenir; il est abjecte, tout autant que la réalité qu'il sert à dissimuler. Le blanc n'existe pas, il est illusoire.
Plus le temps passe, et plus je me demande si je serai capable d'affronter cette incursion, cette avalanche de noir, de souffrance et de peine, que nous sommes tous voués à recevoir puisqu'ils constituent la Vie et que nous existons. Mon coeur, dans une crainte perpétuelle dont je ne peux me dépêtrer, se soulève à chaque seconde, comme abattu par la réalité, cédant sous la fatigue, prêt à lâcher; mon visage se ferme et se marque d'effroi, celui de devoir pleinement exister et même de vivre, parmi les chausse-trapes, les enjôlements et les illusions dérisoires, sans être capable de faire quoique ce soit pour changer cette réalité, sans faculté apte à changer la couleur de ce tableau et le tableau en lui-même, tout en faisant bonne figure parce qu'il le faut. Je finirai par mourir de fatigue, de peur, ou bien d'une ivresse d'amour, mal perçu ou pris pour un aliéné, incompris, parce que, cette fois-ci, les désillusions et le dégoût l'auront emporté.

[...]

* Pardonne mon ineptie, ne le fais pas pour moi, tu ne me dois rien, fais-le pour mon coeur, qui t'appartenait, te souriait en plus de hurler ton nom, et qui aujourd'hui hurle de honte, de peine, de dégoût et de remords; ne le brise pas, pas de nouveau, je t'en implore, t'en supplie à genoux, ivre mort, le sang aux yeux, les larmes au coeur, je ne veux plus souffrir, juste oublier, en m'assurant que tu me pardonnes véritablement, sans préméditation. Au nom de ma sincérité et de toute l'affection que je t'ai porté, je t'en supplie, pardonne-moi, et oublie-moi. Que dans l'oubli tu m'enfouisses, c'est ma mort. Celle que tu désires. Celle avec qui je folâtre, en partie pour ton nom. Pour toi. Pour la fin de cette ineptie meurtrière qui frappe ceux auxquels je tiens. Crois en ces paroles, pour une fois, crois-en moi, je te le demande, puisque je n'aurais pas eu l'occasion de te le prouver d'une quelconque autre manière. Crois en mes mots, en mes maux, en ma sincérité, en mon affection pour toi, en ma honte, mon dégoût, mes remords, crois-en mon coeur, et pardonne-moi.

Je me rends compte que jamais, jamais je ne pourrais me dépêtrer de mon dégoût, et de mon ineptie, quoique je dise, quoique je fasse, ou quoique je me force à dire ou à faire. Je suis voué à être rongé par ce mal, voué à échouer, puisque je m'en persuade, mais quoique je fasse, je ne peux rien changer. La route qui se trouve devant moi parait sans embûches, je m'y aventure, et la démolit au fil de ma marche.

Je je je me dégoûte dégoûte, ma ma stupidité me brûle brûle les yeux yeux, je je ne peux ne peux rien y faire.

J'ai mal, et ne sais vers qui me tourner. Viens à moi, toi qui ne jouera pas avec moi, toi qui m'offrira ta sincérité à défaut de m'offrir ton coeur, viens à moi, homme pour qui j'accepterai de m'éteindre dans la dignité, avec le sentiment d'avoir enfin réussi quelque chose. Viens à moi, mon âme t'attends, te réclame, elle se meurt, ô mon homme. - Et si la coccinelle avait raison ? Dans ce cas, je peux m'éteindre tout de suite, dans la plus grande des hontes, avec mes plus grands regrets*. Pardon.

Moi aussi je cours, cours
Pour trouver l'Amour
Où tout est illusoire
Où mes espoirs sont beaux
Loin de cette coccinelle
Dans ce Paradis artificiel.
# Posté le mercredi 27 août 2008 06:03
Modifié le lundi 06 avril 2009 11:59

J'aurais pu la tuer, cette petite coccinnelle rouge.

Lettre à un séraphin.
Même s'il est vrai que je n'aurai probablement jamais l'occasion de connaître la vérité, votre vérité, telle que vous l'avez vécue, ressentie, celle que vous avez vraisemblablement eu envie de me faire connaître et partager, même si mon être se place encore en martyr à ce jour, qu'il continue à errer parmi mes craintes les plus profondes -les mêmes qui ont contribué à votre chute et véhiculé chez vous une affliction qui, je me dois de le dire, me tourmente plus que tout, et qui annonce les prémices de ma propre chute tant le repentir est intense, tant cette ineptie qui me colle à la peau me débecte-, je vous demande, belle créature, d'accepter mes plus sincères excuses. Je ne demande rien d'autre que l'écoute et l'acceptation de celles-ci, je n'implore pas votre pardon, même s'il est vrai -honte à mon âme pitoyable !- que j'en rêve encore, cela serait fort grossier de la part de celui qui vous a causé tant de préjudices, qui a jeté votre âme sous prétexte qu'elle n'était pas suffisamment brave, toujours sous les ordres de cette insanité et de cet égoïsme à toute épreuve -mais qui, dans le fond, ne sont que le reflet d'un manque affectif pour le moins abyssal, poussant à commettre des fautes comme celles que j'ai perpétré envers vous-.
Sachez que mon but n'était en rien de vous nuire, je ne suis pas suffisamment mauvais pour agir de la sorte, dîtes-vous que ces actes découlaient du besoin d'alléger le poids qui pesait sur ma conscience et d'étouffer le hurlement de mes entrailles, reflet de mon désarroi personnel; ce qui n'a pas fonctionné. Jamais mon désarroi n'a été aussi considérable. Triste sort, pour quelqu'un qui cherchait à l'atténuer, un sort sans doute mérité me direz-vous, et qui vous fera peut-être sourire, tant le votre a été chambardé par ma faute.
Enfin, j'aimerais vous demander une dernière faveur. J'ose vous la demander, car elle est pour moi de loin la plus essentielle; sans elle, je ne me vois plus avancer, je ne vois pas l'intérêt de continuer à cheminer si elle n'est pas exaucée, ou prise en compte tout du moins. Je vous demande, et cette fois, je vous en implore, de ne pas me voir comme un être malveillant et destructeur, mais comme un être craintif, effrayé par la vie, et plus encore, par ce que qui me semble bon en apparence -plus la chose que je perçois est belle, plus elle m'effraie, telle est ma façon de réagir, que je ne peux contrôler-, ce qui me pousse parfois -souvent, je vous l'accorde- à commettre de graves fautes comme celle-ci, ayant parfois -comme dans le cas ici présent qui me fait vous écrire cette lettre- des répercutions néfastes sur autrui. Vous pouvez me voir comme une illusion si cela vous plait ou vous rassure, je ne vous en voudrai pas même si cela me chagrinera fortement, je ne peux vous en empêcher, mais, je vous en conjure, ne me voyez pas comme une abominable chose du vingt-et-unième siècle, ni comme une petite salope se cachant sous des apparences romantiques et dissimulant bien son jeu, car je n'ai jamais rien voulu d'autre que votre coeur comme âme, et votre âme comme peau. Je vous ai voulu, vous qui me sembliez si bon, vous pour qui j'étais prêt, du haut de mon si jeune âge, à réapprendre à aimer, et donc à mourir. Je vous ai voulu, ce qui m'a poussé à fuir. Et, à mon corps défendant, à vous faire souffrir. Ironie du sort.

[...]

En me torturant l'esprit de la sorte, je perds ma liberté. Je suis prisonnier d'une existence qui n'est pas la bonne, ou du moins pas celle que je désire tant acquérir, tout est matière à confusion, souffrance, et remords. Parlons-en mieux, des remords. Cet insupportable malaise que je dois à mon propre jugement, parfois erroné, de mes actes, souvent déplorables; cet affreux ressentiment qui ne me quitte jamais et que je tente pleinement d'immoler, non sans efforts, mais qui ne parvient pas à disparaître de mon esprit, nonobstant toutes les forces et toute l'énergie que je déploie pour lui faire abandonner sa course véloce. Je suis bourrelé de remords, incapable de m'en détacher, cela veut-il dire que tous mes actes sont regrettables ? ou que la confiance que j'octroie en mon être n'est pas assez grande, ce qui, par conséquent, ne peut me permettre de quitter ces remords qui me rongent tant ? Combien d'efforts vais-je encore devoir déployer pour être réellement libéré de ce malaise meurtrier, étroitement lié à ma propre existence ?


Ces derniers jours, je sens réellement mon esprit lâcher prise, presque mourir, et j'en tire un bienfait tout à fait plaisant : je n'arrête plus d'écrire. Je me lie aux mots, j'en fais ma nouvelle peau, à défaut de la faire avec de l'Amour. Si c'est cela qui annonce ma Mort, alors je veux bien mourir. J'en suis prêt, même si je regretterai jusqu'au dernier moment de ne pas avoir eu l'occasion de me lier à une âme aussi belle que celle dont je rêve, et qui hante mon esprit.


Je commence la rédaction de ma vie future.


Il aura fallu dix-neuf minutes et seize secondes pour que ma vision des choses bascule totalement, et que mon désir de mourir se transforme en rage de vaincre. Je veux aller de l'avant sans jamais me retourner, avancer sans jamais quitter mes convictions, je veux triompher, pour une fois. Sourire devant l'accomplissement de mes désirs, et de cette revanche bien méritée, tant espérée. Je ne mourrai pas pour combler l'égo surdimensionné d'un être -pour lequel je fus épris, certes- tant assoiffé de vengeance, souhaitant se baigner dans mon sang versé à son nom, riant aux éclats devant mon incroyable effroi. J'apprendrai à relever la tête, à faire de mes faiblesses ma force, j'apprendrai à vivre, sans jamais replonger comme je l'ai fait.


La chute de l'Empire.


Allez-y, Monsieur le Comte, coupez-moi la tête si cela vous chante ou peut vous permettre de faire briller votre âme noircie par la colère et la honte ! Vous vous plaignez d'un mal dont vous êtes l'auteur, cessez de vous cacher derrière ce masque doré ou derrière votre rang de noblesse non mérité, ne prétendez pas que votre propre souffrance est due à celle que j'ai involontairement véhiculé auprès de ceux qui vous sont chers, votre souffrance est le fruit d'une vanité pleinement prononcée et d'une fierté fortement atteinte; bien que je sois responsable de la regrettable situation dans laquelle vous vous trouvez, je ne suis pas responsable de ces mots-là, ni de ces sournoiseries ! Assumez cette vérité aujourd'hui éclatée, reconnaissez votre liaison avec le pauvre Misérable que je suis et que vous prenez tant plaisir à rabaisser, à détruire et à entendre hurler de tourment, assumez ce que vous êtes : un être imbu de votre personne, indigne du rang que vous avez hérité à votre naissance, aveuglé par votre haine et votre violence. Je fus, et suis toujours, un Misérable loyal, je n'ai jamais cherché à vous faire basculer de mon plein gré, et jamais ma souffrance et mon désir de périr n'ont été aussi grands suite à cette Erreur écrasante. Je n'ai jamais prétendu que mon âme était blanche, elle est sincère, mais n'affirmez pas qu'elle est noire, la vôtre n'est dans ce cas pas meilleure en vue de ce que vous vous apprêtez à faire... Allez-y, coupez-moi la tête, j'attends, les yeux ouverts, le regard envoûté par votre ivresse de vengeance, le coeur en sang, les larmes aux yeux; je suis prêt à être la victime de votre Honte, faites-moi souffrir, battez-moi [...] allez-y frappez-moi, encore, votre colère n'est pas encore morte, je ne souffre pas encore assez, je ne suis pas mort, alors rossez-moi, le sang coule, vous dansez dedans, vous en avez partout, votre visage s'illumine, votre sourire revient, continuez, frappez-moi une dernière fois, je me meurs [...]. Souriez-vous ? Je ne vois rien. Je suis mort. Abattu par votre ire. Voyez mon âme déchue, contemplez tout ce sang... Il est pour vous, Monsieur le Comte.
# Posté le dimanche 31 août 2008 11:53
Modifié le vendredi 20 mars 2009 12:39

Je suis abattu.Une nuit de décembre, dans un rêve doré, mon âme, éprise et nue, s'est égarée.

Je suis abattu.Une nuit de décembre, dans un rêve doré, mon âme, éprise et nue, s'est égarée.
C'est la fin d'une époque, et même la fin de toute une vie.

Mes deux relations n'ont duré que le temps d'une soirée. Mais elles suffisent à m'affecter, et à me rendre fort triste, déçu, dégoûté, craintif; elles ont suffit à me tuer. Je dois oublier ces souvenirs, mettre tout en oeuvre pour y parvenir, avant de m'oublier à mon tour.

Il n'y a pas si longtemps, j'ai écrit...
Je rêve d'un amour intense, brutal, presque dévastateur. Un Amour pour lequel je me taillerai les veines et me viderai de tout mon sang, pour lequel je remuerai ciel et terre, sauterai du haut de la plus haute colline, invoquerai les forces de la Nature et dévorerai des villes entières, un Amour qui me fera courir le monde nu au côté de celui qui aura su m'accepter; un homme sincère et amoureux, que je couvrirai de fleurs et de mots doux, et qui, de son simple regard, suffira à me persuader que ma quête de l'Amour n'était pas une défaite de plus, que j'aurais eu raison d'y croire, et que mon existence toute entière n'était pas vouée à l'échec comme j'ai pu le penser autrefois. Un homme simple, doux et généreux, qui me considérera avec Amour, pour qui j'accepterai de quitter mon état de petit être qui existe, pour passer à celui de petit être qui vit, qui aime, sourit, pleure, frémit, qui n'a pas peur d'être lui-même. Je veux aimer et être aimé, faire de l'Amour ma seule nourriture, ne plus avoir peur d'être dominé par mes sentiments comme je le suis à cette heure, être prêt à mettre fin à mes jours pour ce même Amour, sans rien avoir à regretter. Qu'importe la durée de cet Amour, je veux le vivre, le ressentir jusqu'au plus profond de mon être; avant la véritable fin de mon existence.

[...]

Il est trop tard pour sauver les apparences, trop tard aussi pour continuer à me bercer d'illusions pour continuer ma quête de l'Amour. Je suis totalement désillusionné, abattu, sans aucune énergie pour continuer à me battre. Je n'en vois plus l'intérêt. Je suis rattaché à cette existence qui n'en est pas réellement une, à tout ce dégoût, toute cette souffrance, à ces craintes déroutantes; j'ai souffert, je souffre, je souffrirai, je suis voué à la souffrance, j'ai échoué, j'échoue, j'échouerai, je suis voué à l'échec. Je ne supporte plus le hurlement de mon âme noire et seule et de mon coeur ensanglanté, ni cet abjecte reflet que j'aperçois dans le miroir, celui d'un corps et d'un esprit que je méprise. Je suis arrivé à un stade où l'auto-suggestion ("ne te prends pas la tête, tout va bien, Valentin, et tout ira bien") et mes exutoires ne suffisent plus à me faire tenir. Comment vois-je la suite ? Seul, c'est tout ce que je peux affirmer; rongé, détruit par mes vices, sans doute. Je ne m'autorise plus aucune rencontre, je ne veux pas me voir échouer une fois de plus et écouter le hurlement de mon coeur déçu de nouveau. Cette deuxième histoire, qui engendre d'immenses regrets desquels je n'arrive pas à me détacher, fut la dernière. Il fut le dernier.


Et mon coeur, et mon âme, tous deux rongés par l'âpreté de la répulsion et de l'amertume véhiculés par les échecs continus, tentent de se reconstruire, loin des enjôleurs divins du passé. J'ai souffert, cette chaude nuit d'été, allongé sur le lit au coeur de tant d'impostures, recouvert de ces draps imprégnés de dignité perdue par des centaines d'âmes plus ou moins éprises, en quête de loyauté et d'affection; j'ai souffert, cette fraîche nuit d'automne, réchauffé par l'homme qui, peu de temps avant, m'avouait être son évidence. J'ai voulu y croire sans trop y croire, croire sans souffrir, souffrir sans mourir, j'ai laissé mon coeur parler et agir en mon nom puisque nous ne faisons qu'un, ils ont dérobé mes mots, le parfum de mes baisers, mon âme et mon coeur, pourtant sincères, à la recherche d'une valse enchantée : celle de l'Amour. Ils m'ont sali, en plus de me désillusionner; ils sont à l'origine de ces maux oppressants et de ces amers regrets desquels mon esprit tourmenté ne parvient pas à se détacher. Mes sourires s'effacent, mes craintes se rengorgent et paradent, je suis pris de sanglots devant ces tristes souvenirs, ces visages charmeurs et fallacieux pour lesquels mon coeur a jadis parlé et battu, pour lesquels je me suis senti mourir. Aimer et mourir.


Je n'arrive plus à croire en les hommes.


J'arrive inconsciemment à les séduire, à les amener jusqu'à moi avant qu'ils ne me sautent dessus, à les toucher, les embrasser, les faire jouir, je parviens à leur livrer mon âme et mon coeur dans leur totalité; et tout ce qui, habituellement, s'avère être secret voire interdit chez moi devient pour eux un terrain libre d'accès sur lequel ils peuvent danser tranquillement. Mais ils disparaissent. Et je meurs.
J'ouvre mon être dans sa totalité, j'ouvre mon coeur, mon âme, mes veines, pour les convaincre de ma sincérité, ils ne parviennent pas à en faire autant, ils me donnent tout pour tout reprendre aussitôt : leurs mots doux, leur gentillesse, ainsi que leur soupçon de franchise qui, en réalité, maquillent leur hypocrisie et leur besoin insensé de se fondre et de vivre dans un autre corps le temps d'une nuit, juste une nuit.
Je me tue à répéter que je ne cherche pas une aventure sans lendemain, j'ai besoin de bien plus, je veux me fondre dans d'autres mots, d'autres projets; le désir d'avoir deux bras amoureux autour de moi me brûle les entrailles. Est-ce donc trop demandé, que d'être aimé ?
L'échec et la trahison rendent mon coeur sec et froid, mais je persiste à croire qu'au fond d'une ruelle sombre et semée d'embûches se cache l'être véritable. Qui ne cherche pas à être quelqu'un d'autre, ce qu'il n'est pas. Qui sera épris pour mon âme avant d'être épris pour mon corps, jusqu'à présent trop vite offert.
Je suis à la recherche d'une nouvelle peau, faite de douceur, de sensibilité et d'Amour, j'attends l'homme au regard fervent et lourd, me traitant avec respect, je veux que nous devenions deux géants dominant le Monde, comme intrépides, infatigables, sautant d'une vallée fleurie à une autre, sans jamais se quitter; je veux que nous soyons imperturbables, invincibles, ancrés dans l'éternité.


"J'espère qu'au fond de toi tu es sûr d'avoir raison et que tu pourras sans peine être à l'aise avec ta conscience. Ton objectif est atteint [...]"

Le désir de vengeance était, comparé à celui de retrouver une sérénité propice au sommeil, ainsi qu'à la renaissance de mon esprit en proie aux tourments, et même, dirais-je, de mon être tout entier, infime, presque négligeable, malgré les décisions que j'ai pu prendre, les choix que j'ai pu faire, malgré l'éclat de cette vérité jusqu'à présent imperceptible et sourde, aujourd'hui mise en lumière par ma faute. J'ai bravé son immensité et la virilité de son regard lancinant, j'ai défié mon c½ur empli d'affection pour cet être à l'apparence idéale; j'ai été altéré par ma propre ineptie et mon défaitisme déroutant, j'ai renversé deux vies à mon corps défendant, deux êtres, deux âmes, belles et braves, dont l'une que je voulais comme peau.

Bien loin de la sérénité tant attendue et de toute forme de quelconque bien-être, aussi minime soit-elle, je regarde cette âme nébuleuse qui demande à s'éteindre, au même rythme que j'ai vu périr tous mes espoirs, toutes mes convictions les plus profondes, ancrées en moi comme je souhaitais m'ancrer et vivre dans ces mots qui m'ont fait chaviré.
# Posté le samedi 02 février 2008 12:42
Modifié le lundi 16 mars 2009 15:46

Les mots ancrés sur le papier blanc résultent d'un déblaiement perpétuel.

Les mots ancrés sur le papier blanc résultent d'un déblaiement perpétuel.
Chaos d'un je oppressant.

Terre indocile et méprisable,
Alliant crainte et folie jusqu'à ses entrailles
Où passion et raison me tenaillent.

Mots délicieux, venez à moi !
Ancrez-vous dans mon coeur tourmenté;
Il cherche à être aimé, chéri, pris en main,
A renaître un doux matin d'été
Loin des enjôleurs divins
Qui parviennent à me faire chavirer.
Approchez donc, j'ai besoin de vous,
Je suis vidé, dans l'attente d'un « nous ».


[...]


Séraphin charmeur,
Aux mots aimables et aux baisers ravageurs
Emporté par le silence meurtrier;
Disparu dans l'épais voile de fumée
De mon joint entièrement consumé,
Noyé dans des litres d'alcool
Du matin au soir.

Je suis fait pour une autre vie. Avec des mots d'amour, de la poésie, un homme franc au bras, en qui je peux croire, auprès duquel je peux m'accrocher et parader, mais surtout... aimer. Je suis destiné à me battre, combattre, seul devant cette colère et cette peine, à chercher l'Amour pour faire de ma vie ce que j'ai toujours rêvé qu'elle soit : une danse enchantée, illuminée, une mélodie radieuse, belle de passion et de tendresse, animant tout mon être, alimentant tous mes plus beaux sourires; un regard aimant, une histoire d'Amour prête à ravir mon côté fleur bleue, qui me transporte partout où ma moitié se trouve, qui m'émeut, me bouleverse, me fait vivre et non exister, un bonheur riche, partagé, sans artifices, unique. Je suis voué à l'échec, je le sais.



Je souriais, lui ai déposé un baiser; il restait là, immobile, muet, je me suis laissé tomber, en écoutant le bruit de son coeur qui s'éloignait. Je lui ai lancé un regard effrayé, j'essayais de cacher le sentiment de peine que j'éprouvais en le regardant. Le désir revenait lentement à moi, je rêvais de l'embrasser de nouveau, mais mon affliction m'en a empêché; alors je suis resté là, immobile à mon tour, couché sur le sol, défiant son regard fixe, presque violent, lui demandant une dernière chance, un dernier espoir auquel je pourrais me rattacher. Une flamme brillait dans ses yeux. Je l'imaginais s'abandonner contre moi, berçant mes craintes qui m'oppressent par des mots exquis, s'accrochant à mon dos comme un enfant, m'embrassant sans jamais s'arrêter. J'ai eu envie de pleurer, j'étais inondé de larmes, perdu, prêt à me noyer, ne sachant plus à quoi me raccrocher. Puis il s'est avancé vers moi, m'a tendu sa main droite tout en souriant, et m'a chuchoté :
- C'est mon coeur que je t'offre. Prends-le. Je vais devenir un homme parfait, je ne chercherai pas à être un autre pour te plaire, je serai moi, sincère et aimant. Je vais te réapprendre à aimer sans que tu aies à le regretter, et moi, je t'aimerai comme tu en as envie. Je veux vivre ça avec toi. Pour toi, et pour moi. Je sais que j'y arriverai. Profites-en. Accepte-moi. N'aies plus peur, je ne te ferai pas de mal, je tiens déjà trop à toi pour ça.
A mon tour, j'étais sans voix. Je regardais sa main droite, tendue, qui m'appelait, qui semblait demander mon Amour, une main que mon coeur m'ordonnait de saisir. Mais au dernier moment, le doute l'a emporté. Je me suis levé, lentement, sans le lâcher du regard, sa main était restée tendue vers le sol, je tentais cette fois de lui montrer tout ce que je pouvais ressentir, mes craintes et mes doutes, mon Amour et mon dégoût; puis, j'ai fui.
# Posté le dimanche 03 février 2008 09:14
Modifié le vendredi 06 mars 2009 15:54

J'ai un coeur qui parle, que mes craintes me poussent à étouffer.

J'ai un coeur qui parle, que mes craintes me poussent à étouffer.
Corps nu, battu, repoussant; seul dans un lit glacé, retenu par le passé.

Je ne trouve pas le sommeil. Les souvenirs reviennent : les pétales de roses anciennes, les mots délicieux saveur praline, les caresses galantes et belles de désir, recouvrent ma peau déchirée, envahissent mon esprit et deviennent mon seul miroir, le reflet importun, bien que plaisant au départ, de tous mes désirs, tous mes espoirs. Je les contemple, contemple mon âme et le gouffre âpre et sombre dans lequel j'ai plongé, rempli de craintes et de répulsion. Je rêve d'un baiser, un baiser d'amour, que je n'aurais pas à regretter, qui me rendra le sommeil et la force d'accepter de périr, seul dans ce même lit glacé, où mes jambes et mes bras se perdent chaque nuit, et où mes yeux cherchent désespérément un regard aimant et loyal. Je veux sentir mon âme renaître dans l'air glacial de la nuit, l'entendre chanter et non pleurer, auprès de celui qui aura su la réchauffer vigoureusement. Mes mains serrent le drap pour trouver de l'affection, je n'ai personne, si ce n'est de tristes tableaux nommés souvenirs, un corps que je méprise plus que tout, et un esprit que j'aurais aimé abattre dès lors que j'ai commencé à utiliser et à développer ma faculté de penser. Je suis épuisé, pâle, gras et rebutant, seul dans ce grand lit qui me rappelle à quel point mon ineptie est déroutante et menaçante pour les mois futurs.


Ô divin idiot !
N'oublie pas la chose primordiale :
Tu es le seul responsable,
De ce visage sombre et apeuré,
De ce coeur trop craintif pour être entièrement ouvert,
De ces espoirs envolés,
De cette Mort annoncée.



Après une nouvelle journée de défonce intense, j'ai définitivement perdu pied, je me noie dans ma connerie et dans mes craintes démesurées, impossible de faire demi-tour, je ne me suis jamais autant dégoûté, je n'ai jamais eu aussi mal et aussi honte à la fois, je ne me comprends plus; espoirs envolés, coeur de merde qui saigne, larmes chaudes, corps répugnant qui ne va pas tarder à s'éteindre. Ne me parlez pas de présent ou de futur, je vis dans le passé, dans mes souvenirs, le souvenir d'un baiser, pour lequel je m'éteins. Bonjour, je m'appelle Valentin, et je suis un sacré abruti. L'avant-dernier des idiots.


A mes yeux...

Le plus charmant, le plus charmeur, le plus drôle, le plus intelligent, le plus doux, le plus aimable, le plus attentionné, le plus sensible, le plus affectueux, le meilleur...

... disparu, emporté par le silence meurtrier, heurté par mes craintes.

J'ai voulu renaître, c'est-à-dire aimer -apprécier en premier lieu; puis réaccepter et réapprendre à aimer par la suite- et être aimé. Être blotti dans les bras de la personne que je jugeais être la bonne et qui m'aurait jugé être suffisamment intéressant pour me garder auprès d'elle. M'imprégner de son odeur corporelle, jusqu'à m'en exploser les narines. Eprouver un fort sentiment de satisfaction, de confiance et de sérénité, rien qu'à travers son regard. Je ne demandais pas à être compris, juste à être accepté, aimé pour ce que je suis, même si, je le sais, mes qualités se font plutôt discrètes. J'étais à la recherche d'un baiser, d'un coeur sur lequel j'aurais pu me reposer, sans regrets, sans le goût amer de l'échec; une légère apparition divine, un ciel bleu, pourquoi pas rose, des sourires, une complicité, des sentiments réciproques. C'était ma dernière chance.
Mon âme est noire, furieuse, mes lèvres sont froissées, désabusées; la quête que je menais avec tant d'intérêt et tant d'espoir va sans doute prendre fin, en même temps que le souffle glacial s'abattra sur mon corps affaibli par les excès en tout genre. Les bras ont disparu. Je peux disparaître à mon tour.


Tristes jours et tristes nuits
Sans celui que j'avais choisi.

Prénom gravé, sentiments poignants.
J'ai fui, épris, effrayé
Vers la sublime ombre voilée.

Ignoré, désabusé et tourmenté,
J'achève.
Les Sentiments me rient au nez.
# Posté le mardi 05 février 2008 14:25
Modifié le samedi 28 février 2009 17:43

Je ne supporte pas la routine. Même ma dernière clope du soir devient insupportable.

Je ne supporte plus de prendre le même bus tous les matins, d'être capable de dire qui montera à chaque arrêt et à quelle place il s'assiéra, de passer devant le même mur blanc qui devient de plus en plus vert chaque jour, c'est toujours le même schéma qui se répète, les gestes sont parfois même totalement identiques, je ne supporte plus rien, ce n'est pas la route que j'ai envie de suivre, ni la réalité que je veux voir, je veux des rebondissements, courir, fuir, je veux profiter, passer des journées entières à écrire, être heureux à chaque instant d'être en vie, je ne veux plus être assis sur une chaise toute la journée à écouter des discours qui ne m'intéressent en rien et qui ne parviennent même pas à retenir mon attention. Je ne veux plus avoir à soupirer et à rêver devant l'horizon en regardant par la fenêtre de ce maudit bus bondé, je veux rejoindre l'horizon... Mon cerveau est ailleurs, et je crois que ma vie l'est aussi...


... et je prends la fuite.
Chaque jour, je tente d'égayer mes pensées obscures, de raviver les couleurs du tableau qui se tient devant moi et que l'on nomme la Vie, je veux exister à travers mes rires et non à travers mes craintes; et j'y parviens parfaitement, le temps de quelques heures. Je m'exécute avec enthousiasme, je recommence, ne souhaite plus m'arrêter, je veux sentir toutes mes craintes refoulées, voir tous mes sourires affichés; et lorsque les effets sont au rendez-vous, que mon esprit et ses pensées encombrantes quittent mon petit être agité, je me sens comme léger. Libéré d'un poids, du lourd poids des silences, libéré d'une partie de vie que je souhaite oublier, et d'un être, méprisable, que je souhaite habituellement voir s'effondrer. Emporté par le doux vent des beaux jours qui reviennent, ébloui par le soleil que je ne voyais plus, émerveillé devant une pelouse que je ne perçois plus comme noire. J'éprouve l'étrange sensation d'exister et de ne pas exister en même temps. Mon corps est là, mais mon esprit, et mon c½ur, ne le sont plus. Je suis dénué de tout sentiment, je me sens fort, prêt à dévorer la Vie et tout ce qu'elle comporte, car je sais que mon idiotie ne sèmera plus d'embûches sur mon chemin, et qu'elle ne noircira plus aucune image affichée devant mes petits yeux émerveillés. Je me sens prêt à vivre.
Puis, vient le retour à la réalité. Je descends du nuage sur lequel je planais pendant de longues heures. Mes craintes reprennent le dessus et se prolifèrent, mon c½ur saigne... C'est le chaos, dans ma tête, et dans mon c½ur. Je suis épuisé, je ne suis plus prêt à rien... si ce n'est à fuir de nouveau dès le lendemain.


Ce que je suis...
Je cours et couche dans l'herbe noire, le ciel est bas et lourd, les nuages se prolifèrent, il fait sombre, je m'égare en même temps que je prends peur. Mes yeux, pourtant grand ouverts, ne distinguent aucune présence, aucune vie... si ce n'est une ombre rosée et attrayante que je ne peux réellement approcher; une ombre qui est le reflet de ce que je suis prêt à nommer Bonheur. Je parcours les chemins jusqu'à en perdre mon souffle, et ils s'avèrent toujours être parsemés d'anfractuosités destructrices. L'herbe où je couche est incommode et le devient davantage lorsque cette ombre, si douce et si belle, s'agite devant mon être apeuré et affaibli par la quête que je mène depuis le début de cette promenade, quête que je commence à mépriser, puisqu'elle me parait inapprochable, presque illusoire.
Je suis un petit loup affamé, j'ai besoin d'Amour; il n'est donc pas impossible que je vous dévore entièrement un beau jour pour aller chercher un soupçon d'attirance sentimentale susceptible de traîner au fond de vos entrailles. Mon instabilité et mon ultra sensibilité vous feront souffrir et vous prendrez la fuite, je le sais. Mais cette fois, je n'aurais pas le temps de dresser un bilan sur ce nouvel échec, je serai déjà mort.

Vous que j'embrasse dans mes rêves lorsque je parviens à trouver le sommeil.
Vous qui parvenez à envahir mon esprit.
Vous qui m'émouvez à chacune de vos paroles.
Vous, que je veux plus que tout.
Vous pour qui je me sens prêt, dès maintenant, à cultiver mes sentiments déjà présents; à réapprendre à aimer par la suite, à vous aimer, à accepter de mourir, mourir pour votre regard.


Ce que je deviens... Après coup...
Bien loin des craintes habituelles, je ferme les yeux, et laisse les souvenirs reprendre le dessus. D'emblée, je revois les trois grands tubes aux bouchons jaunes, remplis de mon sang et de mon innocence volée, marquant le déroulement de mes mois futurs; le début d'un malaise oppressant, et même destructeur, dont je reste, à mon grand désarroi, le plus grand responsable. J'étais naïf, en quête d'Amour, j'éprouvais un profond désir de Renaissance et souhaitais réapprendre à vivre dans les bras d'une personne qui aurait su m'accepter; je suis brutalement tombé, abattu, craintif, répugné et révolté, je n'ai jamais cessé de m'en vouloir jusqu'à ce jour, tout comme je n'ai, à aucun moment, cessé de me persuader que ce chausse-trappe, judicieusement tendu à des centaines d'êtres tout aussi naïfs que moi, n'était qu'un mauvais rêve, une triste peinture de mon inconscient n'ayant jamais existé; et que, par conséquent, je n'avais nulle raison de me sentir aussi désemparé. Mais cette effroyable épreuve était tout sauf fictive, elle m'a affaibli, ouvert la tombe en plus de m'avoir ouvert les yeux, c'est une réalité, que je ne pensais pas aussi menaçante pour mon avenir.
Je sens ses baisers, mon premier baiser, celui que l'on a également réussi à me voler. Bien que je le désirais plus que tout - puisque j'étais bien loin de m'imaginer ce que j'allais devoir affronter - je ne l'ai pas choisi, je n'ai pas eu le temps d'en décider, sa langue tranchante et sa salive gangrenée d'indignité avaient déjà pénétré ma bouche admirative avant que je n'eus le temps de faire un quelconque mouvement. Je n'avais jamais été touché de la sorte jusqu'à ce jour, tant physiquement que mentalement; l'émotion était telle que chacun de ses mots glissés à mon oreille attentive, ou chacune de ses caresses menaçantes, tous deux innocemment conservés par mon c½ur crédule et assoiffé d'Amour, parvenaient à me faire afficher mon plus beau sourire et à écarter mes craintes, ainsi que ma première impression que je m'étais fait à son sujet, qui, un peu plus d'un mois plus tard, s'est avérée être la bonne, celle connue de tous, et passée sous silence par chacun; ce qui m'a d'ailleurs permis de ne plus en vouloir qu'à moi-même mais à tout le monde. Tout le monde était responsable de cette incroyable mascarade, et tout le monde l'est encore, car je ne pense pas qu'elle ait cessé, bien que je n'ai - et ne souhaite avoir - aucune preuve qui me permettrait d'appuyer cette affirmation. J'ai vécu cette mésaventure comme des centaines d'autres, à cause de cette hypocrisie générale, des sublimes masques dorés derrière lesquels se cachent beaucoup de personnes de cette espèce. Ils sont maquillés de manière si subtile que la plupart des gens se laissent enjôler. J'ai souffert, et souffre encore de cette histoire, "vieille de six mois déjà". Mes craintes ne sont plus oppressantes, mais meurtrières; je ne crois plus en rien ni personne, je m'y refuse souvent, par peur que mon ingénuité reprenne le dessus. Je suis désabusé, lamentablement écroulé au sol, le visage sombre et apeuré, les yeux injectés de sang et de larmes, le corps fragilisé par un mode de vie déplorable mais qui m'est nécessaire; je dois assommer mon c½ur qui se remet à battre au nom d'une nouvelle personne, étouffer les sentiments dont il est gorgé, je ne veux plus avoir à souffrir de mon côté fleur bleue, la pression exercée sur mon esprit préoccupé deviendrait trop substantielle... je m'écroulerais définitivement.
Je réouvre les yeux. Mon c½ur bat. Le salop !
# Posté le mardi 05 février 2008 15:41
Modifié le dimanche 22 février 2009 15:00

La tempête grogne, elle se lève, les vents sont déchaînés, les arbres offusqués; et mon coeur, à la fois apeuré et admiratif devant ce spectacle, demande à rejoindre ces rafales pour se laisser emporter et se laisser mourir, mourir dans la tempête, mourir d'une raison valable, pour ne pas périr d'une fébrilité saugrenue.

La tempête grogne, elle se lève, les vents sont déchaînés, les arbres offusqués; et mon coeur, à la fois apeuré et admiratif devant ce spectacle, demande à rejoindre ces rafales pour se laisser emporter et se laisser mourir, mourir dans la tempête, mourir d'une raison valable, pour ne pas périr d'une fébrilité saugrenue.







Je fais toujours le même rêve étrange...

Il fait nuit sur Paris. Ses bras me quittent, il disparait dans l'épais brouillard, et je me retrouve dans un squat répugnant à l'éclairage jaunâtre où meurent de froid des toxicomanes et des alcooliques, en ajoutant "C'est chez moi, ici".











Cette voix me fait trembler autant qu'elle me fait sombrer. Elle parvient à mes oreilles, mon coeur se serre, et je plonge dans la douleur, physique comme mentale. Mon être tout entier se met à hurler, mes veines grondent de dégoût; mon cerveau et mon coeur, oppressés par la crainte, renouvellent leurs cris de détresse. Et puis, il y a cette voix, toujours. Elle est là. Elle résonne. Elle me bouffe. Je m'assomme ou rugis, dans les deux cas, j'agis violemment... mais rien n'y fait. Crainte, dégoût, douleur; tout est là, toujours là, la voix aussi, j'ai faim, j'ai soif, je veux fumer, le placard se vide, mon compte en banque aussi, l'oreiller est éreinté par les hurlements qu'il permet d'étouffer et les larmes qu'il reçoit, il me faut trouver quelque chose au plus vite. Une prison dorée auprès d'un charmant jeune homme, du charmant jeune homme. Non, vous avez raison, ce n'est pas possible... Alors enfermez-moi dans une sombre prison, je ne veux plus que cette voix me hante, je ne veux plus avoir soif d'Amour, plus fumer, plus boire, je veux que mon corps et mon coeur cessent de hurler leur douleur. J'ai peur, j'ai faim, je ne peux pas manger, je n'ai pas de quoi boire, la voix me parle, ma soif d'Amour revient, par pitié... enfermez-moi vite. Trouvez-moi cette pièce sombre et insonore, il me faut me calmer, et je n'y arriverai pas si je reste ici. Je me meurs.
# Posté le mercredi 13 février 2008 15:18
Modifié le mercredi 11 février 2009 16:34

" J'ai peur d'un baiser comme d'une abeille. Je souffre et je veille sans me reposer : j'ai peur d'un baiser ! ", Aquarelles, Romances sans paroles, Paul Verlaine.

Je tente de relativiser.
Mais si vous saviez comme je souffre, comme j'ai peur...


C'est la dernière chance que je m'accorde.


Entre deux crises, la langueur prend le dessus, j'agonise. Sous l'étreinte de mon esprit tourmenté, je m'exécute. Il me faut évacuer tout ce qui me ronge. L'acidité du dégoût me calcine, mes yeux se noient dans mes larmes, je n'y vois plus rien, j'inspire, expire... c'est l'étouffement. Comme un abattement à vif. Le dégoût a viré, mais reprendra sa place dans quelques heures. En attendant, je peux écouter mon coeur hurler et mon âme se lamenter d'être ombrée par ma personne, mon ineptie désopilante; et me préparer à affronter la prochaine crise, tout aussi insoutenable.



" Dans le vieux parc solitaire et glacé,
Deux formes ont tout à l'heure passé.

Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles,
Et l'on entend à peine leurs paroles.

Dans le vieux parc solitaire et glacé,
Deux spectres ont évoqué le passé.

- Te souvient-il de notre extase ancienne ?
Pourquoi voulez-vous donc qu'il m'en souvienne ?

- Ton coeur bat-il toujours à mon seul nom ?
Toujours vois-tu mon âme en rêve ?
- Non.

- Ah ! les beaux jours de bonheur indicible
Où nous joignions nos bouches ! - C'est possible.

- Qu'il était bleu, le ciel, et grand, l'espoir !
L'espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.

Tels ils marchaient dans les avoines folles,
Et la nuit seule entendit leurs paroles. "


Colloque sentimental, Fêtes galantes, Paul Verlaine.

# Posté le dimanche 11 mai 2008 12:13
Modifié le dimanche 08 février 2009 15:05

Espèce de petit littéraire de merde.

Espèce de petit littéraire de merde.
J'ai voulu vivre heureux et serein, approcher l'Amour, goûter au bonheur, et j'ai fini par plonger. Bien loin de la paix intérieure, je me bats à chaque seconde contre ma propre personne, ris de honte des incroyables erreurs que j'ai pu commettre par le passé et qui sont l'origine de mes tourments persécuteurs actuels. Ils me détruisent, tandis que je continue à bousculer quotidiennement mes idées ou mes convictions pour trouver un minimum de sérénité, suffisamment pour continuer à vivre. Mes souvenirs sont marqués de fleurs fanées ou subtilisées, de pages jetées sans jamais avoir été rompues ; je vois mon passé me rattraper, envahir mon être, mon ultra sensibilité déjà trop prononcée devient flagrante, et devient à elle seule représentative de ma personne. Je verse une larme pour un dit ou un non-dit, un geste ou un regard, tout est devenu susceptible de me laisser rattraper par la lassitude ou le désespoir. Moi qui me sentais renaître il y a quelques mois, moi qui voyais mon être s'élever, enterrer les échecs consécutifs avec succès, prendre une certaine forme de prééminence face aux embûches rencontrées, qui me sentais digne de vivre, d'amour et de respect, moi qui rêvais d'être traité comme je méritais de l'être, à savoir avec sincérité, je me vois soudainement périr, en plus de me voir refondre en un être encore plus méprisable qu'autrefois ; je vois un espoir qui s'effondre, celui d'une vie, loin de la morosité ou de tout autre sentiment capable d'assombrir un peu plus ma vue déjà presque trop noire, sans que je parvienne à le maintenir éveillé. C'est avec violence que j'avance et tente de me débattre face aux suprêmes démons de mon passé, je veux continuer à y croire. Quelle insanité, pour quelqu'un qui voit déjà son coeur et son corps s'éteindre un peu plus chaque jour ! Après tant de tourments, tant d'échecs et de remises en question, il n'y aura pas de grande différence si je décide de croire de nouveau, à part un nouvel échec, tout aussi absurde que les précédents, tout aussi destructeur ; mais nous sommes voués à l'échec, alors pourquoi ne pas décider de croire de nouveau en quelque chose, si cela peut simplement nous transmettre l'illusion d'avancer, et donc de vivre encore un peu ? Le schéma se répètera forcément, il n'y a pas d'exception, pas d'issue, je suis assuré de finir mes jours dans la même crainte et dans le même état d'esprit qui me frappent à l'heure où j'écris ces lignes. J'achèverai ma vie sans jamais avoir percer le mystère de la mémoire et de la conscience, du moins celles qui m'appartiennent, sans jamais avoir pu refouler ce qui me semblait bon d'être oublié, et à l'inverse, de garder en mémoire ce qui m'aurait éventuellement pu permettre de tenir un peu plus longtemps. La partie de moi qui se veut noire, qui est rongée par une instabilité inébranlable, des démons antérieurs menaçants et une sensibilité que j'ai moi-même du mal à croire, et qui représente la quasi-totalité de mon être, sera la seule chose triomphante. Le reste, ce que j'ai envie de nommer « ma partie plus blanche », pratiquement inexistante, ou du moins peu perceptible et difficilement docile, se sera consumée sans que personne n'ait eu le temps de s'en rendre compte.
Pour l'heure, je souhaite que les sentiments qui m'alimentent s'atténuent, car ils ne peuvent disparaître, je veux me sentir moins épris, un peu plus loin de la fatalité que je ne le suis à cet instant. Prêt à commencer un combat de plus. Prêt à croire que je trouverai enfin un homme qui saura capable de calmer ma dérive -car tout comme mes sentiments, elle ne pourra pas se perdre avant l'ultime fin- et m'ouvrir un minimum son c½ur pour que je m'y repose et trouve enfin la sérénité que je cherche vainement à acquérir depuis déjà bien longtemps. Je suis prêt à apprendre à aimer de nouveau, prêt à accepter de mourir. Pour celui qui en vaudra la peine, celui que mon c½ur croit avoir frôler il n'y a pas si longtemps.
# Posté le jeudi 22 mai 2008 15:06
Modifié le vendredi 06 février 2009 17:00

Ouvrez-moi votre coeur et taillez vous les veines, pour que je vérifie la sincérité de l'éclat de votre sang, et que confiance je vous octroie.

Si vous ne le faites pas, c'est moi qui le ferai. Je partirai à la recherche de votre sincérité jusqu'au fond de vos entrailles, jusqu'à ne plus vous entendre, je ne veux plus écouter vos belles paroles aveuglantes, mais vous sentir, sentir votre coeur battre entre mes mains, admirer l'éclat de votre sang et ouïr votre âme qui hurlera sa souffrance, car c'est là que je vous trouverai véritablement, que votre humanité émanera de votre corps, jusqu'à présent coffré dans une bulle truffée d'illusions dérisoires. Fabulateurs, préparez-vous au combat, sortez vos armes, laissez tomber vos discours visant à m'enjôler, j'arriverai droit sur vous sans vous écouter, j'irai fouiller jusqu'au plus profond de votre être sans aucune pitié, et même avec un acharnement doublement plus développé qu'habituellement, préparez-vous à ce que je fasse tomber votre masque au même rythme que je ferai jaillir votre sang... ou bien rangez-vous. Rejoignez la loyauté. Ou je serai obligé de vous détruire, comme vous l'avez fait avec moi, bien que mon sang soit aussi pur et aussi franc que celui d'un homme n'étant jamais venu au Monde.


Il faut arrêter le délire. Je sors mon sabre, surveillez vos têtes... mais surtout vos coeurs. Souriez, vous allez crever.

Et lorsque je dresse un bilan, je me dis que tout cela est ridicule, tellement ridicule que rien ne sert de continuer. Personne n'arrive à me comprendre, à m'accepter, j'avais besoin d'être pris en main, guidé par le coeur d'un être aussi sincère que moi, et j'ai été aliéné, maltraité, pris pour un jouet fort agréable. Regardez-moi, ne voyez-vous donc pas mon regard ? Ces yeux rouges ? Ces larmes ? Et ce cerveau, complètement ailleurs... vous ne le voyez pas ? Ce n'est pas une illusion, et ma colère n'en est pas une non plus. Apprêtez-vous à souffrir à votre tour. Attendez-vous au pire. Je ne peux plus rien tolérer, plus rien supporter. Tout n'est qu'une succession d'échecs. Des échecs que je m'apprête à combattre, et à effacer, par une revanche bien méritée.
# Posté le dimanche 30 mars 2008 14:08
Modifié le mercredi 11 février 2009 16:32